mercredi 17 novembre 2010

Beurre ou huile ? patrimoine

Une fois n'est pas coutume. Cette fois-ci je ne vais pas écrire exclusivement pour la Grèce mais pour mon pays : La France.

Avant-hier, une nouvelle : Le repas gastronomique français a été inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, avec la dentelle au point d'Alençon et le compagnonnage bien typique de notre pays. Quoique je ne pas si ici bas on a besoin de cela : qui ne connait pas la cuisine française ? par contre pour les rites du repas, je n'en suis pas si sûre... hors frontières de l'hexagone.

C'est un rite que j'ai tenté d'inculquer à mes filles, avec difficulté, dans ce pays on l'enfant est roi, mange à des heures différentes et désordonnées. Je pense avoir réussi, en partie, à leur insuffler quelques règles : repas en famille du week-end, dresser la table correctement, heures bien précises un peu plus tardives mais précises.

Ce repas donc "à la française" (a la gallika)  "doit respecter un schéma bien arrêté : il commence par un apéritif et se termine par un digestif, avec entre les deux au moins quatre plats, à savoir une entrée, du poisson et/ou de la viande avec des légumes, du fromage et un dessert". J'ai toujours aimé ces repas familiaux à rallonge qui commençait à midi et se terminait après 16 heures et ce rituel, fromage/beurre/vin rouge, encore plus et le petit noir en fin de repas. C'est donc l'art de la table français qui est récompensé. Bravo !

En Grèce, malgré les tendances new-wave récentes, c'est carrément le contraire. Ici pas de schéma, on met tout sur la table, ce qui est quand même plus facile pour l'hôtesse qui peut partager le repas avec ses invités. Les serviettes sont en papier, les couteaux bien souvent sont absents par contre il y a toujours des cures-dents !

Mais qui dit gastronomie française dit "beurre" et là c'est un rituel qui m'est encore difficile à faire passer à la maison. Mon mari, amoureux de son huile d'olive, tient dur la route et interdit (enfin, presque) la cuisine au beurre et la crème fraiche au grand dam de mes filles. Bon, là dessus je ne tiens pas promesse, j'achète des bonnes plaquettes de beurre de temps en temps pour les tartines et les biscottes ou relever une bonne béchamel.

Néanmoins la cuisine grecque, et le régime méditerranéen, quoique plus restreints dans le choix des aliments, seront-ils les prochains à l'affiche du patrimoine culturel immatériel de l'humanité ? Leur façon de préparer les aliments est surement intéressant mais certainement sain, surtout ces plats uniques de légumes ou légumineux sans apport de viandes.


Vivre en Grèce
- Convivialité de la table
- Une française cuisine en Grèce
- La féta HELLINOPOP

5 Ajouter et lire vos commentaires:

Nonhybris a dit…

Je crains, hélas, que l'entrée de la gastronomie française au patrimoine de l'unesco ressemble à une entrée au musée car, avec la mondialisation, les habitudes alimentaires ont bien changé. Nous sommes un couple agé avec, de plus, une formation hôtelière de base,et nous continuons à cuisiner des produits frais et à prendre des repas "à la française" mais cela devient rare chez les plus jeunes. Quant au "régime crétois", je pense qu'il était lié à un mode de vie disparu, à voir l'obésité des enfants et des ados en Grèce, en particulier dans les îles, où ils se bourrent de chips, barres chocolatées, popcorn, ...Dans les tavernes, nous sommes toujours surpris de voir tous les plats arriver en même temps sur la table et les clients grecs se décider à manger au bout d'un très long temps de palabres animées. Nous sommes souvent admiratifs devant le mélange des générations à table,
fait devenu rare en France

VB a dit…

Pour info, c'est fait..., la Grèce, l'Espagne, l'Italie et le Maroc ont fait entrer le régime méditerranéen au patrimoine culturel immatériel depuis le 16/11 à la même date que la France. Au plaisir.

Paris-Athènes a dit…

Oui, c'est vrai... le lendemain même après avoir rédigé cet article... Mme Soleil ???
C'est une bonne chose, si seulement les Grecs le suivaient à la lettre

geraldine a dit…

C`est vrai que c`est formidable une consécration pareille! Mais nous trouvons cela bien parce que ca flatte notre égaux, néanmoins nous devons (ou du moins essayer) laisser chaque pays avec ses uses et coutumes. Personnellement je trouve nul d`essayer de faire manger du camembert ou du cassoulet aux Grecs, comme je trouve nul que les Americains essaient de nous interdire nos fromages au lait cru ou notre foie gras...A force de vouloir tout lisser a tout prix, les cultures se perdent.
Et pour terminer sur le beurre, ici en Grece. Votre mari a raison de résister sur l`huile, parce qu`ici le beurre que nous proposons aux Grecs est une véritable honte(je ne citerais pas de marque), mais je pense que cela devrait être interdit de leur accorder l`appellation `beurre`. Nous voulons éduquer les Grecs a une cuisine différente, mais nous leur offrons de mauvais produits! Et si par hasard ils optaient pour du produit Francais, cela est hors de prix donc par pour tout le monde.

Paris-Athènes a dit…

Même si j'ai essayé d'éduquer à mes enfants l'art de la table à la française ou plutôt se tenir à table à la française, par facilité je me contente de cuisiner à la grecque, tout d'abord parce que c'est plus facile pour une femme qui travaille (ce sont des plats qui se réchauffent plus facilement que les mets à la française) et secondo par ce que la viande par ex. qui est en vente ici n'est pas préparable comme en France. Quant au beurre ... c'est bien vrai, rien à voir avec le bon beurre de Normandie, mais un petit erzatz de temps en temps ne fait de mal (sur les tartines). Merci d'être parmi mes lecteurs.