vendredi 3 juillet 2015

La Grèce tangue entre le oui et le non

A deux jours du scrutin qui déchire des millions de Grecs et de Grecques pour le référendum qui sera tenu ce dimanche, le oui et le non s'affiche partout, sur des pancartes, dans des feuilles volantes, tracts, dans des spots télévisés, à la radio, sur internet, dans la bouche de politiciens de tout bord et de toute race, du monde culturel, universitaire.

Tous les politiciens qu'ils soient Grecs ou étrangers donnent leur avis sur un oui ou sur un non. Mais faites attention, il ne s'agit pas de campagne électorale mais d'un enjeu beaucoup plus sérieux que les divergences politiques, il s'agit de vie ou de mort. Il y a un peuple derrière qui au quotidien est submergé de questions, tirés entre le oui ou le non.

Ce peuple, les Grecques et les Grecs, est fortement attaché à son identité européenne et je ne voudrais pas rassasier la bouillie qui est servie comme selon quoi la Grèce est le berceau de l'humanité, la démocratie en soi etc. Pas la peine, il n'y a rien à prouver de ce côté, c'est hors sujet.

Depuis toujours les Grecs sont profondément Européens, c'est une identité. Depuis plusieurs décennies les Grecs font parti de l'Union européenne, ils sont entrés dans la zone euro à force de sacrifice (et épargnez-moi mes commentaires, des clichés sur ce peuple ou qu'ils n'auraient du y entrer, c'est trop tard). A force de sacrifice, je disais, ils font parti de cette Europe au même titre qu les Français, les Espagnols, les Italiens, les Belges, les Allemands. Cela a coûté à tous les foyers de passer à la monnaie commune, il a fallu payer plus cher des produits de 1ère nécessité mais à côté de cela, chacun des pays a pu grassement profité de l'UE, la Grèce la première et les autres également (je ne citerai que la PAC ou certains programmes qui ont profité aux pays de l'UE).

"Revenons à nos moutons" : Ce référendum s'est finalement transformé en référendum sur l'euro et sur l'appartenance à l'Union européenne. Vous me direz : cela ne fait pas de mal de mettre les choses à leurs places.

Alors partagés entre le "oui" et le "non" ?


Voici quelques images du pays pendant la semaine qui s'est écoulée.

- Un référendum est organisé
- Un contrôle des capitaux est mis en place
- Qui dit contrôle des capitaux, dit restrictions
- Qui dit restrictions, dit embargo (impossibilité d'utiliser nos cartes à l'étranger, de faire des achats sur internet à l'étranger).
- Chaque jours des milliers de citoyens à la queue-leu-leu attendent patiemment leur maigre due devant les distributeurs
- Parmi ces citoyens des personnes âgées ou impotentes, ont les nerfs à vif et sont obligés d'attendre, dans des files d'attentes interminables, leur tour pour retirer au guichet des quelques banques spécialement ouvertes pour le 3e âge, la 1ère tranche de leur maigre retraite (120 euros). Ceux-ci ne possédant pas de carte de retrait seront doublement pénalisés car ils seront obligés, comme les autres, à retirer quotidiennement les 60 euros autorisés.
- Le ravitaillement dans les supermarchés se fait normalement même si quelque uns d'entre eux sont vite dévalisés en denrées durables (légumes secs, lait en boîte, pâtes etc…).
- Les cartes de retrait peuvent néanmoins être utilisés en théorie partout, sauf qu'en province le paiement en espèces est réclamé. Il faut bien comprendre qu'en province il est plus difficile de trouver des ATM que dans la capitale ou les grandes villes, il faut parfois faire des km.
- Le paiement par carte bancaire au bureau de tabac du coin, ce n'est pas dans les habitudes mais il faudra peut être s'y mettre et les Grecs ressembleront à mes compatriotes en France (MDR comme les esprits changent du jour à l'autre).
- cette situation entraîne des pénuries par ex. dans les pharmacies. Bientôt les marchés et les supermarchés ne seront plus ravitaillés car des camions TIR grecs sont bloqués à l'étranger ne peuvent pas débloquer leur carte pour acheter de la marchandise ou tout simplement faire le plein en essence de leurs remorques (limite de 60 euros par jour).
- des parents qui ont envoyé leurs enfants étudier à l'étranger sont dans l'impossibilité d'envoyer des mandats à l'extérieur.

Maintenant, cassons la mauvaise presse.
- les gens ne s'entretuent pas dans les files d'attente. Ils parlent forts tout simplement.
- les supermarchés ne sont pas vides.
- ce n'est pas le chaos.
- il n'y a pas de panique.

Petit aparté : Les touristes en Grèce ne sont pas pénalisés.

- Les touristes, ou les Grecs possédant des cartes de retrait ou de crédit étrangères, peuvent effectuer leurs retraits normalement, mais encore faut-il qu'il y ait de l'argent dans les distributeurs.
-  Prévoir donc suffisamment d'argent liquide en cas de besoin lorsque vous voyagez en Grèce.

Le référendum, quoi ?


Personnellement, je dois dire que si je votais en Grèce j'aurai un gros dilemme. Comme beaucoup de Grecs, je n'ai pas envie que ce pays soit hors de l'UE et encore moins de la zone euro. Le gouvernement actuel assure que ce n'est pas l'enjeu du référendum. Des voix d'ailleurs, à l'intérieur du pays et comme à l'extérieur, nous rappelle qu'il y a un risque majeur. Que des personnalités prennent parti pour un oui ou un non, je peux le comprendre. Que des non Grecs indiquent quoi voter aux Grecs, j'ai bien peur que l'effet ne soit pas celui qui est escompté … et que leur côté très patriotique et tétu (c'est un trait de caractère très généralisé, ne le prenons pas mal comme les Bretons en France - petite pensée pour mes amis de Bretagne) penche en faveur du non. Un peu normal non ?

Pour ma part, même si je ne participe pas en Grèce au processus démocratique des élections (sauf pour les élections municipales que j'honore chaque fois) j'aurai aimé connaître plus précisement ce que ce lundi nous réserve.
En cas de victoire du OUI.
En cas de victoire du NON.

Une chose est sûre, on sera tous sur le même bateau, il est donc temps de ramer ensemble. Il faudrait dépasser l'enjeu politique et que les 300 du Parlement planchent sérieusement au devenir de la Grèce. Déjà des voix susurrent qu'il faudrait un gouvernement de technocrates… cette solution a déjà utilisée et n'a pas réellement apporté de vraies solutions. Il existent forcement quelque part en Grèce des personnes de qualité, qui ont de bonnes idées et comme l'union fait la force, il ne reste plus qu'à ce pays de se réunion à l'unisson. 


lundi 29 juin 2015

Grèce. Retour. Marche arrière

Retour. Marche arrière.


Dimanche : départ vers le Péloponnèse, l'Elide (Ileia). On a mis notre boussole et on s'est dit on s'arrête là où cela nous tente. Une toute petite semaine de détente après de longs mois de dur labeur. Rien de bien innovant.
On s'est arrêté au thermes de Kyllini (Λουτρα Κυλλήνης). Le calme plat, tant mérité, on trouve un "rooms to let" sensé être supérieur, en plein milieu des pins. Le lieu est superbe, un immense terrain avec deux grandes maisonnettes comprenant un petite dizaine de chambres à louer chacune. Un chemin nous mène vers la plage parmi la pinède. Le rêve quoi !

On visite la chambre un peu vite, on est un peu fatigué, et on ne fait pas attention, on s'est décidé trop vite. Pas de télé dans la chambre, pas de climatiseur (vous me direz le temps ce dimanche étant un peu pourri, on n'en aurait pas eu besoin - les Dieux de l'Olympe ne sont pas avec nous… - on a même dormi avec une couverture !!!), même pas de mini-frigo dans la chambre (là quand même ils exagèrent).
Vous me direz : vous êtes en vacances, pourquoi voulez-vous la télé ? en temps normal, cela ne m'aurait même dérangé.

Marche arrière.


Temps normal : rien n'est normal ici depuis quelques mois, pour ne pas dire des années. Mais précisément depuis jeudi dernier, il y avait des signes précurseurs : des charognards (dixit médias) autour des ATM, à l'affut du moindre signe de résistance des banques. Etaient-ils déjà au courant ces caméramans étrangers ??? Sommes-nous autant aveugles ???

Vendredi : je rentre du boulot et je vois devant le distributeur d'une station de métro les gens en train de vouloir retirer des espèces et parler entre eux. C'est pas bon signe. Deuxième signe. Je m'arrête moi aussi devant un distributeur et par mesure de précaution (on ne sait jamais…), je retire un peu d'argent moi aussi comme les autres.
Ne pas céder à la panique vous disent certains. Ok, j'en conviens mais, il y a un mais… Et si jamais, ils ont raison ?

Samedi : comme je partais (je partais…) je suis allée au supermarché faire le plein pour mes filles qui elles restaient à la maison. Et là, il y a eu à priori une rafle dans les produits de première nécessité. Pas de panique… Comment ne pas paniquer ? je suis allée retirer encore un peu d'espèces, au cas où, mais sans panique.

Dimanche. Ce dimanche.
C'est le coup de grâce.

Il y a des jours comme ça où tout part en vrille. On s'est décidé trop vite pour la chambre, on aurait pu chercher un peu plus et trouver un hébergement plus satisfaisant, surtout que très à l'écart de tout, la suite des événements a eu raison de nous. Référendum prévu en fin de semaine. Il nous faudra écourter nos vacances pour revenir voter. Premier coup.

Deuxième coup du sort. Après un après-midi démoralisant dans ce complexe loin de tout, on apprend par un coup de téléphone que les banques sont vidées et que des mesures sont mises en place un peu comme celles lors de la crise financière chypriote.


Le pire des scénarios imaginé est enfin réalité. Je suis contente d'avoir céder à ma "mini-panique". J'ai de quoi tenir trois semaines, peut-être un peu plus si on se serre la ceinture moyennant un retour case départ.

La situation dans ce petit village balnéaire de l'Elide se ressent. Les gens, autochtones et touristes étrangères, sont inquiets. Impossible de payer par carte les hôtels, restaurants, impossible de faire le plein de votre voiture sans espèces. Les hôteliers de leur côté sont dans une impasse, sans espèces impossible d'effectuer leurs achats pour leurs établissements. Un vrai cercle vicieux qui malheureusement fera énormément de mal au tourisme.
Quoiqu'on dise, même si à cette heure le gouvernement a déclaré que les retraits en espèces des touristes étrangers ne posaient aucun problème, il faut savoir que dans la pratique ce n'est pas aussi facile que cela paraît.
Des touristes ont pris la décision de partir, à leur place je crois que je ferai la même chose. D'autres certainement prendront la décision d'annuler leur départ vers la Grèce. Encore une fois, à leur place, je prendrai la même décision.

Lundi : nous n'avons pas pu vraiment dormir dans la nuit de dimanche à lundi. N'ayant aucune source d'info à part (heureusement!) la radio sur mon téléphone portable (radio publique un tantinet pro-gouvernementale, propagande à souhait, à vômir), ne rien savoir est la pire des choses. L'incertitude et ce sentiment d'insécurité priment. Pour la 1ère fois de ma vie, je sens le vide sous mes jambes, je m'inquiète sur ce qui pourrait nous arriver - ou pas -. On se lève ce matin et la seule chose qui est sûre ce matin c'est qu'il nous faut rentrer à notre base. Etre tous ensemble (notre famille) me donne un semblant de sécurité.

Les infos ne sont pas particulièrement bonnes. J'ai l'impression que le monde politique se fout du peuple. Les banques sont bouclées jusqu'à nouvel ordre, les magasins désertés, les visages fermés. Les retrait bancaires en espèces devraient petit à petit revenir (quoique… je ne sais pas quoi).
Je ne voudrais pas parler de politique car j'ai l'impression que ces derniers mois on joue au jeu de polichinelle. Les partisans du NON sont de plus en plus virulents ne semblant pas se rendre compte de l'enjeu de refuser l'Europe. Le retour à la drachme ou quelque soit la monnaie de singe qui sera choisie dans le cas où le NON l'emporte entraînera je présume une dévaluation de la monnaie, les importations seront quasiment impossibles, ou plutôt financièrement difficiles. Nous aurons certainement un manque en produits ménagers, produits auxquels nous sommes habitués.
Je ne voudrais pas revenir en arrière lorsque dans les années 80 nous ne pouvions pas trouver tout ce que nous voulions. Je ne parlerai que par ex. de la production en lait (je ne pense pas que la production laitière grecque soit suffisante pour l'ensemble du territoire), les pommes de terre sont en hiver importées de Belgique, de France, de Chypre ou d'Egypte, la viande de boeuf est essentiellement importée de France et j'en passe.

J'aimerai pouvoir reculer les pendules, ne pas avoir vécu ce week-end de terreur psychologique. Ne pas céder à la panique. Je me dis que dans le pire des cas nous avons toujours une solution de dernière chance.

On dit que l'appétit vient en mangeant. Je n'avais l'intention que d'écrire quelques lignes. J'ai écrit un "roman". Reste ce fameux référendum. A vrai dire, je n'ai pas compris la contenance. A ce qu'il paraît c'est oui ou non à l'Europe. Ce que j'aimerais entendre c'est que seront les mesures appliquées selon le oui ou le nom : à quelle sauce seront-nous mangé ?







samedi 11 avril 2015

Quand l'Eglise de montre à la hauteur

Cinq minutes pour m'informer ce matin à la veille des fêtes de Pâques ont suffi pour tomber sur cette nouvelle qui a été publiée sur Proto Thema, comme quoi le Primat de Grèce, l'archevêque Ieronymos, mettait à disposition du pays les propriétés de l'Eglise et les revenus disponibles à disposition du pays pour le remboursement de la dette.

Cette initiative, idée personnelle du Primat de Grèce, est une énorme avancée après cinq années d'austérité. Bien évidemment il est précisé qu'il ne s'agit pas de ventes des biens de l'Eglise mais d'exploitation de ces biens afin que le chiffre d'affaires qui sera généré soit utilisé pour le remboursement de la dette, et qu'il n'avait aucun doute que son idée serait appuyé par le synode.

Message fort adressé à la chancelière allemande et au reste de l'Europe. Voilà donc un espoir véritable, une offre charitable de l'Eglise comme il se doit.

A tous des très belles fêtes de Pâques ! Καλό Πάσχα !





mercredi 21 janvier 2015

Le syndrome Zorba

Le week-end dernier ma mère m'a parlé d'un reportage qu'elle avait vu à la télé française sur la Grèce et les Grecs mentionnant, mot pour mot, qu"ils paraitrait que les Grecs dépensaient tout leur argent en poche, sans discernement.

Ma première réaction a été la surprise. Côtoyant des Grecs au quotidien, je n'en connais pas beaucoup qui dépensent sans compter au jour d'aujourd'hui.

Ma deuxième réaction a été la colère. Mais qu'est-ce-qu'ils peuvent encore raconter comme fadaises sur le dos des Grecs !!!

Ma troisième a été d'en rire. J'ai répondu à ma maman : "et oui, quand tu touches 400 et 500 euros par mois en moyenne, c'est un peu difficile d'épargner".

Faut payer le loyer quand tu n'as pas la chance d'être propriétaire, et quand tu es propriétaire, la taxe énorme sur l'habitation (fameux ENFIA que notre ami Syriza oéo se propose tout simplement de supprimer lorsqu'il sera élu. Qu'il remplacera certainement par un autre impôt déguisé… oéo), et puis tous les autres faux frais, nourriture, déplacement, école, électricité, téléphone et j'en passe, comme tout bon citoyen qui se respecte.

Aujourd'hui par hasard, je suis tombée sur ce fameux reportage. J'en apprends des "vertes et des pas mûres". C'est vrai, les Grecs sont malades. Ils sont touchés par le syndrome de Zorba. Mais où vit-on ? pourquoi je m'en suis pas aperçue ?

Eleni, Maria, Pavlos, Kostas, Christina, Giorgos, Nikos, Katerina et les autres, mais pourquoi passez-vous vos week-ends à vous morfondre ? Courez donc, vous faire des petites escapades à Kalavryta, je vous accompagne. Dépensez donc vos moindre kopeck et allez vous envoyer en l'air sur les pistes enneigées.

Bon. Trêve de plaisanterie. Tout cela n'est pas fait pour rire mais pour punir. Des pistes de ski, il n'y en a pas des centaines en Grèce. Celle de Kalavryta, est à deux heures de la capitale, c'est à dire à portée de main. On peut y aller le matin et revenir le soir, d'où l'afflux. Les hôtels dans ces stations sont en réalité bondés pendant le week-end malgré les prix exorbitants qui y sont appliqués (compter plus de 120 euros par nuit  pour une chambre double), mais réservés le plus souvent à une élite qui peut se permettre de loger à l'hôtel. Mais c'est un phénomène de mode de la jeunesse à papa.

Les autres, ceux de la jeunesse à 400 euros (jeunesse sacrifiée) se contenteront d'une petite balade à Plaka ou Thisseio au  pied de l'Acropole ou à Exarchia. Ils ne se plaignent pas, ils sont même très satisfaits de pouvoir s'en payer le luxe.

Bon assez dit pour aujourd'hui. Deux articles en quelques jours de temps. Je sens que la plume me chatouille. Il faut dire qu'on est sur des charbons ardents en attendant le résultat des élections de dimanche. Le compte à rebours est déclenché.

Je vais me soigner (du syndrome Zorba).


"Lorsque tout marche de travers, quelle joie de mettre notre âme à l'épreuve pour voir si elle a de l'endurance et de la valeur! On dirait qu'un ennemi invisible et tout puissant - les uns l'appellent Dieu, les autres diable - s'élance pour nous abattre; mais nous restons debout." (extrait de Zorba, Kazantzaki)


dimanche 18 janvier 2015

Compte à rebours, la peur du lendemain

Dans une semaine, jour pour jour, dans 7 jours, les citoyens grecs seront appelés à aller voter. Certains sur le lieu du domicile, d'autre dans leur village, d'autre n'iront pas, faute de moyen.


L'attachement "au village" est le modèle qui s'accroche dur en Grèce, même si aujourd'hui il devient de plus en plus difficile pour beaucoup de se déplacer, faute de moyens financiers. Certains ont eu le temps en 2014 de s'inscrire sur les listes "eterodimotes" : c'est à dire celui qui "habite dans une municipalité autre que celle où il a le droit de vote".
Les autres, déphasés pour certains, incapables financièrement parlant d'engager des dépenses pour aller au village (coût de l'essence, du péage et des faux-frais qui en découlent).

La peur du lendemain


Rien de pire que de laisser et de découvrir. La peur du lendemain des élections, du résultat de celles-ci a un goût amer.

Tous les sondages montrent en effet que dans une semaine à dix jours nous devrions avoir un gouvernement différent, un parlement hellénique "tout ou rien". Tous les sondages déclarent d'ores et déjà que SYRIZA, le parti de la gauche radicale (type Mélenchon - ami Podemos) ressortira vainqueur des élections législatives nationales grecques. Quand à l'écart, il oscille de 2 à 3 points d'écart et a tendance à augmenter.
Le second parti, celui de la NOUVELLE DEMOCRATIE, serait suivi du parti du journaliste Theodorakis TO POTAMI etc…
Gagner les élections n'est cependant pas le gage de formation d'un gouvernement si la Coalition de la Gauche Radicale (SYRIZA) n'obtient la majorité. Il faudra alors chercher des coalitions pour la coalition, ce qui n'est certainement pas du goût du chef radical Alexis Tsipras qui y préférerait la totale, compréhensible

Il faut dire que l'entente cordiale n'est pas le fort des partis, qu'ils soient grecs ou d'ailleurs.

Cette armée de 300 députés a été incapable dans ces années de crise de se montrer à la hauteur de leur sacerdoce : sortir le pays de sa mutation. S'unir dans la force pour alléger le poids de la dette, apaiser le mécontentement, aider les plus faibles, contrôler et punir lorsqu'il le faut, et j'en passe.

Le manque de confiance s'est ce qui caractérise l'électeur. De ceux que je côtoie, la plupart ne se sont toujours pas décidés.

Une autre partie a fait son choix pour SYRIZA, sans se sentir proche politiquement parlant de ce parti, mais ont fait le choix d'un vote "de sanction", n'hésiteront pas au prochain détour à s'éloigner de ceux-ci si les promesses électorales ne sont pas tenues ou si la situation ne s'améliore. Mais en général, ce sont des électeurs toujours mécontents.

Les derniers, au grand dam, s'engagent dans une voix dangereuse, celle de l'extrême droite, pour la plupart se réclament de la chrétienté, ceux là dans un discours de haine reflète le pire des ennemis des pays démocratiques. Crétins.

A côté nous trouvons d'autres partis qui ont vu le jour récemment, donc celui de TO POTAMI. Je ne parlerai d'autres partis qui ne sont en fait que des éclats de partis présents sur la scène politique grecque depuis des années.

D'autre, des ersatz de parti, montés de toutes pièces de miettes des partis existants, ne méritent pas (à mon avis totalement personnel) d'être à la une.

Le dernier, le KKE, parti communiste, a sa part d'électeurs stables. Il ne change pas, est garant de sa conviction. SYRIZA semble vouloir "flirter" avec eux, mais je doute que le charme n'agisse sur le parti communiste.

Pour tout vous dire, un vrai dilemme pour les électeurs. 

Donner du temps supplémentaire aux partis au pouvoir pour terminer leur programme ? On efface tout et on recommence, avec la peur du lendemain et de l'inconnu, de la réaction des marchés, de la réaction du peuple européen ? Changer du tout ou rien ? Tomber dans l'extrémisme (fort heureux qu'ils ne devraient pas compter parmi parmi les 3 premiers vainqueurs mais rien que le fait d'être représenté dans un parlement est déjà une attaque à la démocratie). Tenter une nouvelle coalition, d'un autre bord ? pourquoi pas ? seront-ils pires ou meilleurs que les précédents ? reste 6 jours.

Rien à perdre

On entend souvent : "Je n'ai rien à perdre". Au contraire, je pense fortement qu' "on a tout à perdre". On ne peut pas voter à l'aveugle. Le droit de vote est acte responsable qui engage des millions de citoyens. 

En chiffres

Dans 6 jours, 9.808.760 citoyens grecs sont appelés à voter.
Les femmes sont plus nombreuses que les hommes.

273.941 nouveaux électeurs
dont près de 50.000 étrangers qui ont obtenu la nationalité hellénique voteront pour la 1ère fois

25 listes entrent dans la course
dont 21 partis, 4 coalitions de partis

Les Grecs de l'étranger ne voteront pas à moins d'avoir le luxe de revenir au pays.






samedi 10 janvier 2015

Quand j'étais petite

6 mois d'absence. 6 mois de silence.


Bon, enfin, j'ai quand même répondu aux quelques commentaires de mes fidèles lecteurs.
Vous me direz en 6 mois, rien à dire ? je ne sais pas finalement. Rien n'a vraiment changé.
On parle toujours de crise, de pauvreté, de précarité, de chômage. Rien à dire (de nouveau).
No news, good news ? non, pas vraiment.

Enfin, fin décembre, on nous annonce en Grèce des élections législatives pour le 25 janvier 2015. Une belle façon de débuter l'année ! On reprend les mêmes, on recommence. Je me demande vraiment ce qui changera, même si nous passons radical gauche (ce sont les paris qui le disent.…). Déjà, les princes consorts sortent de leur caverne et essayent de nous faire avaler la pilule :
- stabilité et progrès pour certains
- changement radical pour d'autres

Excusez-moi si finalement je ne vous crois pas - humm - plus mais je crois que les verts, les bleus, les oranges et les rouges se suivent et se suivront. Ils nous resservent, TOUS, la même recette, réchauffée. Qui vous croit ? Peu de personne somme toute.

Excusez-moi mais si je suis sortie de ma tanière, de mon hivernage estival, c'est que je me pose des tas de questions. Des attentats ont eu lieu dans mon pays, ma ville de naissance. Vous me direz ce n'est pas la 1ère fois que cela arrive, ni la dernière (malheureusement). Des actes atroces, impardonnables, dans ce pays qui m'a appris la tolérance, la même que j'ai essayé d'inculquer à mes enfants.

Quand j'étais petite


Lorsque j'étais petite, j'allais à l'école de la République, de la liberté, de la fraternité. J'y côtoyais des enfants de tout horizon. J'entend dire de toutes les religions. J'avais pour ami(e)s Habiba, Fatima, Mohamed qui étaient de confession musulmane ou David, Nadia, Nadège, juive, François, Marie catholique ou Alexandre, protestante.

Ecole laïque


Nous allions tous à l'école de la République. Mêmes besoins, mêmes chances. Dites-moi les amis, avez-vous, ne serait-ce qu'une fois, une seule, réfléchit au fait que Habiba, Fatima, Mohamed étaient de confession musulmane ou David, Nadia, Nadège, juive, François, catholique ou Alexandre, protestante ?
Je ne me souviens pas de ghetto, pourtant à l'époque, nous habitions dans une ville de classe moyenne, mal jugée, pas dans les "beaux quartiers". Aujourd'hui on peut y voir ces ghettos.

Bon, ça c'était hier, trop longtemps. Trop loin. J'idéalise parfois. 

Comment un pays comme la France, les Français, ont pu laisser glisser la situation que nous connaissons aujourd'hui. Par laxisme ? par désintérêt ? un peu des deux ? Problème de pédagogie ? Indifférence ? par souci de tranquillité ?

Avant d'être adulte, il nous faut passer par toutes ces étapes de la vie. Petite enfance, apprendre le oui et le non. L'enfance, apprendre en maternelle à partager, à exister en communauté. L'école publique et laïque, a, après nos parents, le devoir de nous apprendre à co-exister, à respecter les valeurs de notre pays : Le pays d'Habiba, de Fatima, de Mohamed ou de David, de Nadia, Nadège, François et d'Alexandre, le mien.

Et puis, ne me dites pas "c'est la faute de la crise, du chômage…". Cela remonte à plus loin, c'est encore plus profond.

Respect des autres, de nos différences. Pourquoi nous, nous y arrivions ? nos parents, les miens, ceux d'Habiba, de Fatima, de Mohamed ou de David, de Nadia, Nadège, François et d'Alexandre ont failli quelque part. Ne sommes-nous dans l'absolu responsable des actes de nos enfants ? N'avons-nous pas dans un sens le devoir civique d'arrêter les crimes, les erreurs de jeunesse ? D'autres portent le voile alors que nous voilons la face, portons des oeillères ?

Dans les pays de la liberté, il faut continuer à combattre tous les extrémismes qu'ils soient politiques ou religieux.

"N'importe qui peut abandonner. C'est la chose la plus facile à faire, mais tenir le coup lorsqu'il serait compréhensible de tout laisser tomber, voilà la véritable force".

P.S. : hommage sincère à toutes ces personnes assassinées pendant ces derniers jour en France (et ailleurs). Je ne citerai pas de nom, ni d'appartenance. Ils ont été sauvagement tués dans un journal, une imprimerie, un supermarché. Pas de noms. Juste des personnes qui sont parties et ont laissé des orphelins derrière eux, une famille, un peuple entier.