mercredi 8 octobre 2008

Grève des transports en Grèce : Journée noire

Aujourd'hui Athènes est une ville maudite ! Déjà qu'en temps normal, c'est à dire depuis début septembre, les routes sont bondées, une circulation inimaginable, aujourd'hui c'était la grève générale annoncée par la confédération générale des travailleurs (GSEE).

Résultats : Grève de 24 heures pour le métro. Pas de bus, pas de trolley, pas de tram de 5h00 à 8h00 du matin, en pleines heures de pointe. Puis ce soir à partir de 22h00. Puis les aéroports complètements immobilisés, Olympic aurait annulé une centaine de vols, il y a des retards, des annulations. Le centre d'Athènes était fermé en fin de matinée pour permettre aux manifestants de manifester...

Pourquoi la Grève ? pour protester contre le projet du gouvernement de privatiser la compagnie aérienne nationale Olympic Airways.

Mon parcours du combattant pour cette journée noire athénienne

Mon trajet aujourd'hui pour me rendre au bureau a été plus que difficile ! Il m'a fallu plus d'une heure pour arriver à une station du Ilektrikos, la première ligne du métro qui va de Kifissia au Pirée. Les places autour de la station étaient chères et rares, impossible de se trouver une place pour garer ma vieille voiture. Bref, enfin je trouve une place. Un peu mal garée, mais que faire, je vais être en retard.

J'arrive à la station Kato Patissia. Il est 8h15, cela fait déjà plus d'une heure que je trame dans les bouchons. Je suis déjà lessivée ! Bien évidemment la station est noire de foule, il a fallu laisser passer deux-trois rames de métro pour pouvoir enfin me glisser à l'intérieur.

Et là, pire que tout. Il fait chaud encore pour un début octobre. Nous sommes entassés les uns sur les autres, une espère d'armoire d'au moins 1.95 se trouve tout à côté de moi, ne lachant pas son komboloï (c'est pas possible je vais me prendre une perle dans l'oeil aujourd'hui). Je tourne la tête car j'ai l'impression d'étouffer rien qu'en voyant ce géant qui est aussi haut que large ...

Mais qu'est-ce-qu'il m'a pris de tourner ma tête, cet autre voisin n'a pas du prendre de douche depuis au moins deux mois, mais quelle puanteur ! Je n'arrive pas à comprendre comment quelqu'un à 8h00 du matin puisse sentir si mauvais. Et les téléphones portables qui n'arrêtent pas de sonner ...

Tournons donc la tête de l'autre côté : De ce côté là, c'est pas mieux. Ce gentil vieux monsieur a du s'empiffrer de souvlaki hier soir, il sent le tzatziki à 20m à la ronde... Et cette jeune femme, belle, bien coifée, bien habillée, bien sous toutes les coutures a du tomber dans son flacon de parfum ce matin... Dur ! Et cette autre femme, elle doit avoir une dizaine de sacs, prend toute la place ... et les autres qui n'avancent pas, n'essaye pas de faire de la place à ces autres accolytes qui essayent eux aussi tant bien que mal de se rendre au boulot.

Station Omonia, je n'en peux plus, je me glisse vers l'extérieur. Enfin, l'air libre. Je respire : les pots d'échappements ! Athènes, 8 heures du matin. La place Omonia pullule. La circulation est complètement bloquée.

Je prends mon courage à deux mains. C'est mieux encore une fois que de me retrouver coincée dans un bus ou un trolley. Je marche jusqu'à ma destination finale.

J'avais oublié qu'Athènes, il y a quelques années, avant les Jeux Olympiques, avant le Métro, c'était cela. Un parcours du combattant quotidien. Pour un trajet d'une quinzaine de kilomètres, il me fallait changer trois fois de bus. 1 heure 1/2 de trajet, bien souvent debout, avec des bus jamais à l'heure (ils ne sont d'ailleurs toujours pas d'ailleurs).

Le Métro a donc bien changé nos habitudes, en mieux. Pas de bouchons, un environnement propre (interdit de boire et de manger), le seul hic : pas de clim pendant l'été... Mais à côté de cela Athènes peut se vanter d'avoir un métro de luxe. Je suis d'ailleurs agréablement surprise qu'il soit dans le même état qu'il y a cinq ans.

Ce soir il a fallu faire le parcours du combattant à l'envers. Heureusement, c'était plus calme, le gros de la circulation se fait après 15h00. Pour moi, il est 19h00, la journée était longue encore une fois.

2 Ajouter et lire vos commentaires:

hortense a dit…

Ma pauvre, je te plaind. Hier, je n'ai pas eu trop de problèmes pour aller bosser. J'ai un bus presque direct. Je marche un peu plus c'est tout. Et je n'avais pas d'horaires à tenir. Par contre, mon mari a été contraint de traverser Athenes. 1h30 de marche de chez nous au boulot !! Je me souviens l'avoir fait plusieurs fois l'année dernière durant la longue période de grève. C'est épuisant.

Roche a dit…

C'est dans des jourees comme ca ou je me dis que c'est pas plus mal de ne pas travailler.........mais je me souviens de journees comme ca, ou il FALLAIT que je sois a la creche de ma fille a 16h45 alors que je terminais le travail a 16h et que j'avais 2 bus a prendre, mon dieu la course, la bataille pour monter dans un taxi pour etre a l'heure........