samedi 3 décembre 2011

Paris-Athènes cuisine : La soupe fermière au trahana

Parler économie, crise etc. ne m'inspire plus. Parler cuisine a au moins le mérite de nous réchauffer le coeur et les entrailles.


Aujourd'hui Paris-Athènes parle soupe paysanne : 
la Soupe au trahana.

Vous me direz : Trahana, quoi ???

Typiquement grecque, le trahana est encore préparé dans de nombreuses régions de Grèce. A première vue, on pourrait penser à une grosse semoule, comme du couscous ou du boulghour mais en plus "grossier" ; épaississant et nourissant, il est préparé dans les campagnes et était même servi au petit-déjeuner dans les montagnes aux bergers avant leur périple de la journée. Aujourd'hui, retour au source, il revient sur les tables et dans des recettes new-age.

Personnellement, j'ai eu un premier contact avec le trahana avec ma belle-mère : kyria Vassiliki. A près de 80 printemps, elle le prépare toujours et offre à ceux qui l'apprécient leur ration de l'hiver. Bravo kyria Vassiliki !!! Le trahana, j'adore...

Trahana - copyright : Paris-Athenes Blog
Un petit topo sur le trahana : Le trahana se rencontre un peu partout dans le bassin méditerranéen, en Grèce évidemment, en Turquie, en Bulgarie, en Albanie, en Iran et en Irak. C'est une préparation à base de blé concassé (farine) ou de semoule, de lait que l'on porte à ébullution. Le mélange en petits pâtons est étalé et ensuite laissé séché au soleil jusqu'à ce qu'il devienne très dur (4 à 5 jours en général). Puis, ultime étape, il est émietté. Selon les régions de Grèce, il est présenté sous forme de gros grains ou sous forme de boule moulée et creusée à la main (Lesbos).

En Grèce, il existe quatre variétés de trahana – aigre (à base de lait de brebis fermenté, de yaourt ou du babeurre), doux (avec du lait), maigre (pour la période du jeun, sans lait ni yaourt) et xinohondros (aigre-gros) plus commun en Crète.

Le principe de la soupe au trahana est très simple : de l'eau, du trahana qu'on laisse cuire quelques minutes, de la féta et hop vous avez une soupe minute, nourrissante et délicieuse. J'y ajoute un morceau de beurre. Rapide et délicieux, idéal l'hiver. Je m'en sert également dans mes pitas aux épinards, j'aime le goût légèrement aigre qu'il ajoute à la verdure. 

On peut le trouver en supermarché mais c'est le trahana traditionnel "fait maison" par kyria Vassiliki que je préfère.

Le trahana maintenant s'utilise de plus en plus dans la "nouvelle cuisine" : poulet au trahanas à la sauce tomate, poulet farci au trahanas, boulette de viande de boeuf au trahanas, feuilleté au fromage et trahanas.

La soupe au trahana aigre du berger : (celle que je préfère...) pour trois personnes
1 tasse (mug) de trahana
4 tasses d'eau
2 pincées de sel (ou moins selon)
du poivre
du fromage "féta" (selon votre envie) émiettée
1 cuillère à soupe de beurre

Dans une casserole, mettre à chauffer 2mn l'eau, ajouter le trahana, faire bouillir à feu moyen (attention ca colle facilement) en remuant sans cesse. Il faudra plus ou moins 15mn (et même moins) pour finir votre soupe. 2mn avant la fin, ajouter la féta et le beurre. Vous pouvez servir tel quel, ou ajouter des croutons de pains et quelques dés de féta, d'autre ajoutent un bouillon cube...
Bon appétit !




3 Ajouter et lire vos commentaires:

Anonyme a dit…

j'en avais entendu parlé mais je je savais pas exactement ce que c’était. Merci . Et pour revenir quand même sur le sujet, ça a l'air
économique comme plat. Kali orexi

Paris-Athenes a dit…

C'est vrai, il n'y a pas plus économique comme plat ! rustique, chaud et bon... On revient aux plats du terroir et moi j'aime !

Maïté a dit…

Je ne connaissais pas le trahana. Je vois que ça ressemble beaucoup au kichk libanais qui se fait avec un mélange de bourghoul et de lait caillé qu'on laisse fermenter avant de le mettre à sécher au soleil sur les toits des maisons. Après on en fait une poudre qu'on utilisera l'hiver pour faire entre autres de la soupe.