mercredi 30 septembre 2009

LE COMPTE A REBOURS DES ELECTIONS

Plus que 4 jours avant les élections. Bizarre, j'ai l'impression que cette fois-ci les Grecs ont perdu de leur verbe ! Tout ici est tellement calme. Cela ne ressemble vraiment pas aux quelques périodes électorales que j'ai vécues jusqu'à aujourd'hui.

- Pas d'appels dans les quartiers, banlieues comme cela se faisait à coups de haut-parleurs.
- Peu de tracts, bien moins en tous les cas que par le passé
- La place Syntagma ne croule pas sous les tonnes de feuilles volantes

A leur place, nous avons
- des sms envoyés sur nos portables
- des appels téléphoniques des bureaux de députés ou du parti lui-même rappelant telle ou telle mobilisation ou discours d'un député candidat
- une couverture extraordinaire sur internet


La politique de communication des partis politiques semble changer. Moins de gaspillage, un certain respect de l'environnement.

Les élections législatives en Grèce c'est dimanche. 4 octobre 2009. Vote sanction disent certains. Les jeux semblent être déjà joués mais ne sait-on jamais ...
300 députés seront élus au scrutin proportionnel pour un mandat de 4 ans.
Le vote est obligatoire en Grèce pour les moins de 70 ans qui habitent à moins de 200km de leur lieu de résidence. Pour les autres, des congés payés sont exceptionnellement accordés selon le kilométrage, cela peut aller de 2 à 4 jours.

Pour l'anedocte, des millions de Grecs vont faire le déplacement dans leur village pour voter, vont parcourir des centaines de kilomètres pour accomplir leur devoir de citoyen. Une occasion comme une autre pour revenir dans leur province d'origine.
Tous les partis sont sur la selette et approchent les citoyens-partisans et moyennant la promesse d'un vote payent les allers-retours au village.

dimanche 27 septembre 2009

LES GRECS SONT POLYGLOTTES

Le 26 septembre c'était en Europe "la Journée européenne des langues". Un communiqué d'Eurostat (Office des communautés européennes) annonce ses chiffres.

Selon donc la Commission, en Grèce, où l'apprentissage d'une langue étrangère, l'anglais, est obligatoire dès le primaire, l'oscar revient à la Grèce où une proportion de 92% (chiffres 2006) d'élèves apprennent une langue étrangère, l'anglais.

Une chose m'échappe pourquoi 92% seulement quand l'apprentissage de l'anglais est obligatoire depuis la 5ème classe du primaire ?

En 2007 , toujours en Grèce, dans l'enseignement supérieur, 91,8% apprennent une seule langue contre 6,9% deux langues étrangères ou plus. En France, nous obtenons les chiffres de 10% et de 90% respectivement.

Pour les adultes de 25 à 64 ans, les chiffres deviennent beaucoup plus parlants.
En Grèce, 43,4% ne parlent aucune langue ; 44,8 parlent une langue étrangère (l'anglais arrive encore en tête) ; 11,9% parlent deux langues au moins.

En France, respectivement les chiffres sont : 41,2 % - 35,9% - 22,9% et l'anglais arrive en tête.

Tout cela c'est de la théorie en fait. C'est bien l'apprentissage mais qui parle réellement, vraiment, essentiellement une langue étrangère ?

En Grèce, la famille dépense énormément pour l'éducation en général. Les Grecs investissent beaucoup d'argent pour leurs bambins pour l'apprentissage d'une ou plusieurs langues étrangères. D'ailleurs ils n'attendent guère de l'école publique dans ce secteur. Ils préférent, même si ils sont contre, avoir recours aux services de l'enseignement parallèle des "frontistiria". peuvent-ils faire autrement ???

Les "Frontistira" sont un réseau d'écoles privées, d'instituts de langues où l'élève complète ses connaissances, en général le soir, après les cours. Les parents pris au piège par cette économie parallèle ne peut autrement qu'inscrire leurs enfants à ces cours de langues privés en espérant qu'ils seront gratifiés au bout d'une dizaine d'année par un diplôme tels que "Lower", "Proficiency" et autres DELF et DALF.

A côté des frontistiria, il y a également les cours privés, à domicile. Onéreux, il faut compter de 15 à 25 euros par heure, et plus parfois, selon le niveau. Plus le niveau est élevé plus l'heure-horaire augmente.


Résultat de cet enseignement parallèle, parallèle en théorie, puisqu'en vérité la réelle connaissance ne s'acquiert que grâce à ces écoles privées. Les Grecs sont polyglottes, la tranche d'âge 20-35 ans connait au moins l'anglais. Les plus anciens se débrouillent avec des mots appris sur le tas, question de survie !

En connaissance de cause, ne parlant pas grec lorsque je suis arrivée en Grèce, j'ai toujours pu me faire comprendre grâce à la connaissance de l'anglais, d'une part, plus rarement du français, encore moins de l'allemand (que j'ai complètement oublié faute de n'avoir jamais eu l'occasion de m'exercer !).

Apprendre le grec en Grèce a toujours été pour moi également une question de survie. Comprendre un pays et ses habitants, c'est parler sa langue.

Pour l'anecdote, l'autre jour dans le métro, deux anglais ont abordé une jolie grecque en lui lançant un "hello, how are you ?". Visiblement gênée, la jeune fille a répondu par un mouvement de la tête. L'un des jeunes a rétorqué étonné : "you don't speak english ?". Pourquoi faut-il que ces anglophones ai en plus l'exigence que les autres parlent l'anglais ? Parlent-ils une autre langue que l'anglais ?

Allez donc voir les résultats de ces statistiques : http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=STAT/09/137&format=DOC&aged=0&language=FR&guiLanguage=fr

Posons-nous des questions :
- sommes-nous tous égaux devant l'apprentissage des langues ?
- avons-nous tous les mêmes capacités ?
- est-il plus facile pour un Grec d'apprendre l'anglais ou d'apprendre le Français ?
- Un Français peut-il apprendre facilement le grec moderne ? Ferait-il un tel choix s'il en avait le choix ?
- sur quel critère choisir une langue étrangère plutôt qu'une autre ?
- les Grecs ont-il un don des langues ?

L'Union européenne c'est 27 pays et 23 langues étrangères.

lundi 21 septembre 2009

EN VILLE SANS MA VOITURE GRECQUE

Un meilleur climat pour nos villes

Savez-vous que cette semaine c'est la semaine Européenne de la Mobilité ?
Savez-vous que demain, en ville sans ma voiture, cela se passe aussi à Athènes ?
Savez-vous que seules deux villes de Grèce participent activement à cette opération européenne ?

Lamia, dans le département de Phtiotide et Panorama, à Thessalonique, sont les deux seules municipalités qui prennent part officiellement au programme !

A Athènes, les transports en commun seront malgré le peu d'engouement des autorités gratuits le mardi 22 septembre toute la journée. Mais attention, la gratuité a ses limites : pour le métro, jusqu'à la station "Koropi" et pour le train de banlieue (proastikos) jusqu'à "Magoula".

Les rues d'Athènes seront désertées, pas de voitures dans le centre, des piétons partout, des trajets express en bus. Voici ce que nous aimerions voir demain. Mais ne vous leurrez pas, rien de tout cela n'est vrai.

Encore une fois, aucune publicité sur cet événement auquel nous devrions tous être sensibles. Encore une fois, vous prendrez votre véhicule pour vos petites affaires. Et la semaine sans voiture passera, encore une fois, inaperçue.

Avez-vous fait le point avec votre conscience ? Etes-vous accro à votre voiture ?

J'ai moi aussi, une vieille et petite voiture parce que trop éloignée du centre de la capitale. Ma participation à l'année est de ne jamais circuler au centre de la ville en voiture parce que :
- les bouchons sont insupportables
- le temps de trajet sont bien trop longs
- l'essence est devenue bien trop chère
- et qu'il faut que je ménage ma vieille et petite voiture.

J'y gagne :
- en temps
- en argent
- en sérénité
et j'ai l'impression de participer activement à la protection de notre environnement.

Savez-vous qu'à Athènes le réseau de bus y est remarqueblement développé ? Le transport en bus est bon marché.
Le réseau plus récent du métro n'est-il pas extraordinaire ? Après 5 ans d'existence, il excèle en qualité et en rapidité. Il a changé ma vie.

Alors n'oubliez pas : demain, en ville sans ma voiture. Etes-vous prêts à vous sacrifier pour une seule journée ?

PLUS QUE 15 JOURS AVANT LES ELECTIONS

Bon, il faut avouer que ces derniers je suis à bout d'idées. Pas de courage, pas d'inspiration, ce doit être ce mois de septembre complètement pourri qui me ronge...

Il faut bien dire que septembre cette année, c'est plutôt la pouasse. Encore heureux que je travaille et que je ne suis pas en vacances. J'ose à peine imaginer la déception des touristes venant en Grèce, pour y trouver le soleil, et qui n'ont eu droit qu'à de grosses giboulées !

Septembre 2009 : peu avant la fameuse Foire de Thessalonique, le Premier ministre annonce ce que certains redoutaient et que d'autres espéraient : LES ELECTIONS.

Les élections législatives en Grèce c'est une histoire de famille :
Caramanlis, Papandréou.
Droite-gauche.
De l'oncle au neveu et du père au fils.

La politique appartient à la société. Chaque famille grecque qui se respecte a toujours son "petit grain de sel" à apporter. Pas de tabou, on discute en famille, entre amis. On se déchire, mais jamais pour bien longtemps. La politique, c'est aussi une histoire d'éducation.

Les kafenions (bistrots grecs) sont bondés. Les papous (grands-père) se retrouvent matin et soir autour d'un café grec et commentent l'actualité. Même la femme du ménage y apporte son expertise.
Un espoir pointe, parce que c'est ça aussi la politique en Grèce, Une envie de changement pour voir ce que peuvent faire les autres ... Et quand on parle des autres, n'allez tout de même pas trop loin ! droite-gauche / gauche-droite, de l'oncle au neveu et du père au fils !!!

Et moi, dans tout ça ??? Française, j'habite depuis des lustres en Grèce et je n'ai jamais fait le grand pas. Celui qui me permettrait grâce à la nationale grecque, de voter aux législatives.

Je me suis inscrite sur les listes municipales depuis que cela est autorisé en Europe. Cela me semblait tellement naturel de voter pour la ville où j'habite depuis 20 ans.

Le grand pas : acquérir, par le mariage, la nationalité hellénique.

Cela ne me ferait pas perdre ma nationalité française, mais si j'avais fait ce choix, j'aurais eu l'impression de rejeter en quelque sorte une partie de moi-même. C'est en fait une des dernières choses qui me rattachent d'une façon unique et administrativement à la France. On ne partage pas sa nationalité ! Bon ce ne sera pas encore pour cette fois.

Mes filles, qui ont la double nationalité, n'auront pas à se poser la question mais je ne les sens pas réellement attachées à l'identité politique française. Elle me pose la question, bête et méchante : pourquoi ne voterais-tu pas Maman ?

Pour ceux que cela intéresse :
- le premier grand débat entre tous les chefs de liste aura lieu aujourd'hui, 21 septembre, à 20 heures sur les chaînes publiques et seront retransmises sur toutes les chaînes privées.
- ultime arène : demain, 22 septembre, le duel entre "hauts de ce monde". Kostas Caramanlis, actuel Premier ministre, et Georges Papandréou, pressenti par les sondages comme prochain Premier ministre.


Les élections législatives en Grèce c'est une histoire de famille :
Caramanlis, Papandréou.
Droite-gauche.
De l'oncle au neveu et du père au fils.