mercredi 15 février 2012

On en a parlé ! Paris-Athènes sur France 3

Dans le blog "Du bout du monde… au coin de la rue" (le blog politique des français dans le monde, par France Télévisions) France 3 a consacré un article sous le titre "Grèce : 3 blogueuses et un emballement" à Paris-Athènes entre autres, et à d'autres blogueurs, comme moi, qui au jour le jour sont les témoins de ce qui se passe en Grèce.


Extrait de l'article  :
Aucune des trois n’avait vocation à se lancer dans le commentaire d’actualité. A remonter dans les archives de leurs blogs respectifs, on découvre les préoccupations classiques des expatriés qui cherchent à partager leurs découvertes de leur pays d’adoption. Tourisme, gastronomie, histoire et traditions constituent le fonds de curiosité commun aux blogs « Les carnets de Bérénice », « Sous le meltem » ou encore « Paris-Athènes« .

Oui mais voilà, c’était sans compter sur la violence de la crise qui, depuis des mois, secoue le pays, « leur pays« .  Sur « Paris-Athènes », Valérie Camus l’avoue sans ambages : « je suis passionnément proche des Grecs, même que parfois (ou plutôt très souvent!) je me sens Grecque. Mais c’est normal quand on vit ici depuis si longtemps. Je m’inquiète énormément de notre lendemain, j’ai espoir aussi mais il est si mince cet espoir. »
Portées par le même sentiment (cf. commentaires du billet « qui paiera l’ardoise ?« ), les trois femmes vont avoir le même réflexe, faire de leur blog une tribune, une chambre d’écho à la « détresse du peuple grec ».


C’est  Valérie qui offre « son grec approximatif » pour traduire l’article d’un journaliste du quotidien grec « Ethnos » : « Quel serait le sentiment véritable pour chaque travailleur, si après de nombreuses années d’expérience (sic, dans la même entreprise) payés avec un salaire de 1.200, 1.500 ou 2.000 euros, et qu’un beau matin son employeur arrive et lui dit : « à partir de demain, ton salaire sera … le salaire minimum de base, 750 euros brut ! »




----


Lire l'intégralité de l'article : 
http://blog.france3.fr/ftv-expats/2012/02/08/grece-3-blogueuses-et-un-emballement/


dimanche 12 février 2012

Grèce, quand on a plus rien à perdre

une phrase qui revient souvent : quand un peuple n'a plus rien à perdre, il devient de plus en plus menaçant et il faut prendre au sérieux son indignation.

Aujourd'hui c'est un jour crucial pour la Grèce et pour tous ceux qui y vivent, Grecs, immigrés coincés ici parce qu'ils n'ont pas les moyens de repartir dans leur pays d'origine. Les classes moyennes grecques deviendront les pauvres de l'Europe et à mon avis ne seront pas les derniers. D'autres pays suivront, ils sont déjà dans le collimateur.

La nuit sera longue ce soir au Parlement hellénique. Est-ce-que ces 300 députés ont réellement conscience de l'état du pays qu'ils remettent à ces enfants qui feront la Grèce de demain ? La seule chose importante qui ressort de l'actualité c'est qu'ils courent vers la porte de sortie comme des rats qui quittent le navire devant le danger. Bien évidemment, ils pensent tous aux prochaines élections, certainement pas aux millions de Grecs qui meurent chaque jour à petit feu.

Ont-ils conscience qu'ils sont tous responsables (les 300) des politiques menées depuis toutes ces années ? Ont-ils conscience de leurs salaires et de leurs retraites face aux retraités imputés des quelques euros qui leur restaient, ou des "petits" fonctionnaires (ces fonctionnaires de haut rang qui en ont bien profité toutes ces années!) qui risquent demain de travailler et de ne toucher aucun pauvre sou ?

Et l'église dans tout cela ? ne paiera-t-elle donc pas elle aussi un jour ? pourquoi payer les popes avec les deniers de l'Etat ? puisque l'église n'est pas taxée comme le commun des mortels, qu'elle paye donc ses ouailles ! ...

Ont-ils conscience de ces mesures imposées à leur pays ? des droits bafoués ? des taxes imposées à ceux qui ont toujours payé ? Ont-ils conscience que ceux qui devaient payer ne l'ont toujours pas fait ? à quoi ont donc servi ces listes de sociétés et personnalités qui doivent des millions diffusées sur internet ? Petit à petit les Grecs ont été conditionnés à accepter bon gré mal gré ces mesures drastiques.

Demain, comment se réveillera la Grèce ?

Et après-demain, puisqu'il faudra bien qu'il y ait des élections, quel message les Grecs passeront-ils ? Continueront-ils à appuyer ces partis (tous confondus) qui n'ont rien fait lorsqu'ils avaient le pouvoir, et ces autres qui jouent au jeu du "ni oui, ni non" en ne faisant que critiquer et ne proposent rien ?

Les Grecs aujourd'hui n'ont plus rien à  perdre, ils ont tout perdu. Leur souveraineté, leurs salaires, leur espoir du lendemain.

Quel dilemne pour leur prochain vote !!! Sanctionner n'est pas la bonne solution mais quel parti sera à la hauteur ? Avis de recherche.






mercredi 8 février 2012

Grèce, qui paiera l'ardoise ?

Devant mon écran, presque 24h/24H, dans l'attente de nouvelles qui ne seront plus jamais bonnes.
Je suis tombée ce matin sur un article du quotidien grec "Ethnos" du journaliste Giorgos Delastik. Le premier paragraphe de cet article résume en quelques mots la détresse du peuple grec :

"Πώς θα ένιωθε αλήθεια ο κάθε εργαζόμενος, αν μετά από πολύχρονη προϋπηρεσία αμείβεται π.χ. με 1.200 ή 1.500 ή 2.000 ευρώ και ένα πρωί έρχεται ο εργοδότης του και του λέει: «Από αύριο, ο μισθός σου θα είναι ο... κατώτατος μισθός των 750 ευρώ μεικτά!»; Ε, λοιπόν, αυτή τη σκηνή της απόλυτης φρίκης για εκατομμύρια Ελληνες εργαζόμενους επιδιώκουν να νομιμοποιήσουν η ΕΕ και το ΔΝΤ! Οσο απίστευτο και αν ακούγεται, ακριβώς αυτό επιδιώκει η τρόικα!"

Je vais tenter de faire une traduction avec mon grec approximatif appris sur le tas :
 
Quel serait le sentiment véritable pour chaque travailleur, si après de nombreuses années d'expérience (sic, dans la même entreprise) payés avec un salaire de 1.200, 1.500 ou 2.000 euros, et qu'un beau matin son employeur arrive et lui dit : "à partir de demain, ton salaire sera ... le salaire minimum de base, 750 euros brut !" ? Eh bien, c'est cette scène d'horreur absolue que cherche à légitimer pour des millions de Grecs l'UE et le FMI ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est exactement cela que recherche la troïka.
500 euros, salaire de misère

Il sera dorénavant légal pour tous les employeurs d'employer la force et de donner un coup de hache aux salaires de ses employés, et il ne s'en privera certainement, quoique disent les représentants des PME grecques. D'ailleurs depuis plus de deux ans, je connais personnellement de nombreuses entreprises qui ne se sont pas privées (alors que cela n'était pas encore légal!) de le faire. Rupture d'un contrat de plusieurs décades, sans indemnités aucunes, signature d'un nouveau contrat avec un salaire de misère et des horaires (non déclarés) de plus de 50h par semaine, tout cela sous la menace d'un licenciement...

Après "les jeunes Grecs ou la génération des 700 euros", voici donc venue la "junte du travail aux 500 euros pour tout un peuple".


Salaire minimum = SMIC
Fin des contrats = fin des conventions générales collectives

Lire l'article en grec : http://www.ethnos.gr/article.asp?catid=22792&subid=2&pubid=63613264