samedi 28 janvier 2012

L'Euro n'a pas toujours existé

L'euro a dix ans et on en fait toute une histoire !

Toute une histoire pour le garder.
2011 aura été, tout particulièrement en Grèce, l'année de tous les dangers. De fil en aiguilles, de réunions en sommets, le 31 décembre est passé (28 janvier aujourd'hui...) et l'euro est toujours là, même si certains parient sur sa fin.

Mais nous avons tendance à oublier, nous avions une vie avant l'euro.
Personnellement je suis ni pour, ni contre. Une monnaie contre une autre.

Certes, l'euro a facilité les échanges, mais il a surtout augmenté le coût de vie.

J'aimerai revenir en arrière, quand il y avait en France, le francs, et en Grèce, la drachme : année 1988, j'abandonne un salaire plus que raisonnable en France, pour arriver en Grèce pour un salaire de misère (à mes yeux d'alors...). 70.000 drs, voici le montant de mon salaire mensuel de l'époque.

20.000 drs pour notre loyer, les dépenses de consommation étaient moindres car nous n''étions pas aussi envieux. Pas de dépenses de téléphone portable puisque cela n'existait pas (heureusement) puis, encore moins de téléphone fixe à Athènes, pour obtenir une ligne à l'époque, il fallait attendre plusieurs années pour obtenir le précieux numéro. On pouvait toujours racheter une ligne de particulier à particulier, mais cela coûtait excessivement cher. Personnellement j'ai fait une demande de ligne téléphonique en 1988 et nous avons obtenu une ligne en 1991 (entre temps nous avions acheté une vieille baraque qui avait déjà un téléphone...).

A côté de cela, nous avions nos dépenses quotidiennes pour nous nourrir : là aussi, nous nous contentions des produits locaux de saison car peu de magasin proposaient des produits étrangers, par ex. français, à part peut être le AB Vassilopoulos, encore fallait-il en avoir à côté de chez soi. Nous nous contentions des marchés du coin et des supérettes de quartier.

Bien sûr, nos bas salaires ne nous empêchaient pas de profiter de la vie avec le peu que nous possédions. L'été, la mer, le soleil nous remplissaient de joie de vivre pour toute l'année. Les tavernes étaient notre restau de prédilection, elles le sont toujours d'ailleurs.

L'euro depuis nous aura peut être apporté  l'impression éphémère de pouvoir posséder plus, pour ceux qui se ruaient sur les crédits. Avec l'euro, en Grèce, en 2003, les prix ont flambés (comme en France d'ailleurs!), nous n'avions plus aucun repère. Quand j'entend dire aujourd'hui "un euro, deux ou cinq euro, c'est pas cher" : essayez donc de convertir dans nos anciennes monnaies avant de donner un billet de 10 euro comme vous donniez un billet de 500 drs !

Bien sûr, quitter l'euro serait catastrophique pour tous les foyers ou les entreprises ; catastrophique pour ceux qui ont épargné dignement sous par sous et qui du jour au lendemain verraient leurs économies fondrent au soleil. Pourtant en 2002, en Grèce, nous étions heureux.

Ailleurs qu'en Grèce, nous observons un certain retour au protectionnisme. Peut être n'ont-ils pas tort ? Serait-il encore temps en Grèce de changer les mentalités et d'arrêter de croire que tout ce qui n'est pas grec, est forcement meilleur ?

mardi 3 janvier 2012

2011 c'est notre passé, 2012 est notre dur présent

et 2019, notre avenir...

Pourquoi 2019 ? tout simplement parce qu'avant cette date la Grèce n'aura pas remboursée sa dette.

2011, année qui restera dans toutes les mémoires, que ce soit ici en Grèce, ou ailleurs.
Citons quelques événements qui nous auront marqué en 2011 :
des catastrophes au Japon et son triple malheur (séisme, tsunami et catastrophe nucléaire à Fukushima), en Turquie et en Nouvelle Zélande et ailleurs ;
crise en Grèce et crise de la dette européenne ;
des révoltes avec le printemps arabe ;
des révoltes sociales et le mouvement des indignés ;
la chute de dictateurs ;
la tuerie en Norvège ;
la chute de dictateurs et d'hommes politiques ...

Personnellement, 2011 aura été une année, comme les années 1995-1996 ou 1999 (séisme à Athènes), que j'aimerais bien rayer de ma mémoire.

2012 : Pouvons-nous espérer quelque chose de bon alors que tout part en débandade ?  Cette année, nous le savons bien, même si en silence nous prions et espérons le contraire, sera l'année dédiée aux dizaines de milliers de licenciés, aux retraités qui se sont retrouvés du jour au lendemain sans ressources, ou si peu, aux sans-logis et aux jeunes sans avenir.


2012 - 2019 : Déjà beaucoup font le projet de s'immigrer comme jadis leurs grands-parents car le travail ne leur fait pas peur quoiqu'en disent certains.
D'autres, se projettent vers le retour à la terre de leurs ancêtres afin de se réorienter vers le métier d'agriculteur et d'éleveurs. Ils tournent la tête à la ville au contraire de leurs parents qui pensaient que seule la vie à la ville était socialement parlant une vraie réussite.
Que feront ces jeunes diplômés à la sortie des universités ? rejoindront-ils la génération aux salaires de moins de 600 euros ou s'expatrieront-ils ?

Jusqu'en 2019, pas grand chose à espérer, nous tournerons au ralenti, impuissants devant les résultats d'une politique mondiale incompétente.


Il nous faudra reconstruire cette confiance en ne comptant que sur soi-même car ici bas, n'attendons rien de l'Etat qui n'a rien d'un état providence à côté des autres pays européens qui ne sont d'ailleurs pas en meilleur état.

Paris-Athènes souhaite (malgré tout) une Bonne Année  à tous ses lecteurs. Santé, bonheur, amour et gaité et voeux de réussite personnelle et professionnelle.