mardi 14 juin 2011

Grèce : En attendant l'orage les rats quittent le navire

Tiens, tiens, tiens ...  Les rats ont une conscience.

A la veille de la grande grève de demain (15 juin), un rat quitte donc le navire. Une figure (pas des moindres) du parti au pouvoir vient d'annoncer qu'il quittait son groupe parlementaire mais qu'il resterait député indépendant de sa région.

Ok. Ca pourrait être une solution M. Lianis.
Mais... je ne sais pas ... dans chaque famille (et un parti politique est une grande famille) il y a des hauts et des bas. Mais, quitte à quitter le navire parce qu'il y a tempête, c'est un grand pas !

Ce député  a donc un problème de conscience. Le peuple grec - dit-il - humilie le parlement  et ses députés par ce qu'ils ont été eux mêmes humiliés et lésés par le système. Il se confond en plates excuses.
Voilà on dit pardon, on passe l'éponge et on oublie tout ???

Non, non, non ...

En votant pour chacun des députés le peuple grec leur a donné le pouvoir mais le pouvoir est un cadeau empoisonné, auriez-vous oublié vos obligations ? Ne devraient-ils pas tous, tous partis confondus, essayer de sauver leur pays ?

Serait-il un des premiers rats à quitter le navire ? D'autres y songent ? Ceux qui gouvernent ? Ceux qui ont gouvernés ?

Histoire d'un orage d'été.


lundi 13 juin 2011

Trois fois sept : Les indignés de Grèce, vingt-et-un jours demain

Trois semaines.
Trois fois sept : vingt-et-un rendez-vous sur la place Syntagma.

Les indignés tiennent bon. Ils sont toujours là fidèles au rendez-vous quotidien de 18 heures.

La place de la Constitution (Syntagma) comme tous les soirs se remplie petit à petit. Il n'y a pas que des jeunes, il y a les familles, les papous et les yiayas et leurs petits-enfants. Même si vous de l'extérieur voyez ces démonstrations comme une grande fête. Le coeur n'y est pas, il est blessé car l'avenir devient de plus en plus sombre.

Les discussions vont bon train, elles sont très caractéristiques :
- Ti kaneis ? Comment vas-tu ?
- Ti na kano ? Que veux-tu que je fasse ?
- Diskoloi kairoi ! Les temps sont durs !
- Diakopes ? Les vacances ?
- Diakopes ! pouthena... Vacances ! Nulle part ...
- I douleia ? Le boulot ?
- Kleissane to ergostassio. Ils ont fermé l'usine.
- Eimai sto tameio anergias, allo tipota ! Je suis aux assedics,  rien d'autre ! ...
- Ta paidia ? Les enfants ?
- Ti na kanoun ta paidia ? Qu'est-ce-qu'ils peuvent faire les enfants ?
- Kalytera na fygoun. Il vaudrait mieux qu'ils partent (de Grèce)
- Nai na fygoun ! Oui qu'ils partent !
- Emeis tha anteksoume ! Nous, on s'en sortira !

Voilà les dialogues fréquents que nous entendons chaque jour.

Les Grecs n'ont malheureusement plus aucun repère. Le système politique est finalement pourri jusqu'à l'os. J'entends dire par certains que le climat rappelle la "metapolitefsi", c'est à dire l'époque de transition politique d'après le régime des colonels au régime dit "démocratique" d'aujourd'hui. Le ton sur lequel sont dites ces déclarations est assez déroutant. On ressent un mélange de peur à la marche arrière entamée et une pointe de révolte face aux 300 députés de la Vouli (Parlement).

Les Grecs ont une envie de bouger mais ne veulent d'aucun encadrement politique qui soit. D'ailleurs, ils tiennent bons au jour 20. Certains ont essayé de s'appropier pour des fins politiques les bonnes causes des citoyens mais ca ne marche pas, du moins pas encore. Même les médias ont su, pour une fois, prendre de la distance. Ils se contentent de commenter et c'est très bien comme ça.





mercredi 1 juin 2011

Une prière pour nous "Indignés"


Je suis agréablement surprise qu'après plus de huit jours de rassemblement sur la place historique et pleine de symboles qui est Syntagma, le combat est toujours aussi pur qu'au premier jour.

Un vrai camouflet aux manifestations d'avant !

Hommes, femmes et enfants s'y retrouvent chaque soir, ils sont des milliers et sont là pour montrer leur mécontentement mais aussi leur peur du lendemain. D'autres s'y sont installés pour de bon, on y trouve des campements, des mini expositions. Aucune haine, mais du désespoir pour certains, un réconfort pour d'autres. Tous sont unis, solidaires pour leur Grèce, face à la Vouli, le parlement hellénique. Ils manifestent toutes paumes ouvertes face aux 300 députés de leur assemblée.

Aucune réponse.

Pas de foule enflammée, des hommes et des femmes comme vous et moi. Rien de bien particulier sinon un souci commun : comment s'en sortir ?

Aucune réponse.

Ils sont tous prêts à faire des concessions, et Dieu FMI le sait bien, ils en ont fait des concessions depuis plus d'un an :
- perte de salaire pour les fonctionnaires
- gels des salaires et des retraites
- hausse de la TVA
- perte de pouvoir d'achat
- retour de l'inflation galopante
- chômage
- plans d'austérité
et j'en passe

Les Grecs seront-ils obligés comme à des moments de leur sombre et triste histoire de s'exiler pour un meilleur lendemain ? L'horloge a-t-elle fait marche arrière soudainement ?


Alors je prie pour la Grèce, pour les Grecs et pour nous autres.  Une prière pour nous "indignés" d'Athènes, de Thessalonique, de Patras, de toutes les villes et lointains villages de Grèce et de Navarre :


- que la lutte du genre humain soit pure
- que leur combat soit compris
- que leur peine soit récompensée
- que les partis politiques ne soient jamais mélangés au combat
- que les syndicats soient éloignés de la foule des citoyens
- que les "anarchistes connus inconnus" soient chassés des manifestations
- que les grands discours ne soient plus vénérés

Alors les citoyens indignés auront gagné leur pari. Celui d'être un tout, celui d'être La Démocratie.

Alors seuls les actes seront recompensés.