jeudi 26 mai 2011

La force tranquille des citoyens grecs indignés

Ils étaient 22.000 il y a quelques jours. Ils sont près de 59.000 à cette heure précise.
Malgré l'orage qui a explosé sur Athènes aujourd'hui, beaucoup sont au rendez-vous des "citoyens indignés de la place Syntagma" pour la deuxième journée consécutive.

Force tranquille des citoyens en colère. Inspirés par les indignés espagnols, bousculés, les Grecs sont encore ce soir au rendez-vous. Nous sommes tous au rdv, dans toutes les plus grandes villes de Grèce, sur les îles.

Tous unis, indignés et en colère, pour le meilleur et pour le pire. Prenez-en de la graine chers politiciens, tôt ou tard ceux là voteront. Ils sont là devant vous, silencieux, ils osent vous affronter pacifiquement.

Il paraît qu'hier nous étions 50.000 à Athènes et combien d'autres dans les provinces.

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mercredi 25 mai 2011

La place de Syntagma tel un essaim d'abeilles

La population grecque a démontré ce soir qu'elle pouvait faire preuve de bonne entente à l'encontre des hommes et partis politiques qui font de la politique au lieu de régler leurs pots cassés.

Ils étaient près de 10 mille ce soir, rassemblés à partir de 18 heures, à l'appel d'un message lancé sur Facebook. Tel un essaim d'abeilles, un bourdonnement se faisait entendre sur la place de la Constitution, face au Parlement. Pas de cris, pas de violence. Seulement des hommes, des femmes et des enfants "des citoyens indignés" («αγανακτισμένοι πολίτες») comme ils se caractérisent.

Sortie de bureau à cette heure précise, 18h, j'avais entendu depuis le matin qu'il y aurait un rassemblement le soir même. La nouvelle s'est répandue très vite via les réseaux Facebook et Twitter. D'ailleurs il faut préciser que depuis le début de la semaine, déjà, un stand avec une pancarte mentionnant "Les Citoyens en ont raz le bol" s'était établi sur la place. Il y a avait tous les soirs un peu plus de monde. Mais ce soir j'avoue que cela dépasse toute espérance.

Les slogans de la place ''On est réveillés ! quelle heure est-il ? Il est temps qu'ils partent". Et une foule qui s'agrandit de minute en minute. Incroyable ! Le métro est inapprochable tant il y a des citoyens qui s'avancent vers la place.

Que font les partis politiques en ce moment ? Ils critiquent un gouvernement qui essaye de sortir du bourbier qu'ils ont hérité aux dernières élections, non pas qu'ils ne sont pas fautifs eux aussi mais enfin ils essayent de faire quelque chose.
Hommes politiques de toute part, oubliez donc cette fichue politique et tentez donc de sauver le pays au lieu d'enfoncer le clou plus profondément. Unissez-vous, comme les citoyens humbles et simples savent le faire, démontrez donc que vous êtes capable, unis, de sauver votre pays et ses citoyens. Acceptez ce consensus, il sera bien temps après d'en tirer les bénéfices.

samedi 14 mai 2011

La Saint Nicolas autrement

Retour au village natal

Le week-end dernier, j'ai pu - enfin - visiter le village de mon beau-père. Comme j'aurais voulu qu'il soit là lui aussi... mais le destin l'a voulu autrement. Ce village perdu au bout du monde a vu naître mon époux, Nikos.

1ère indication sur la route : SELOS
Il aura fallu plus de vingt ans passés ici en Grèce pour finalement découvrir ce magnifique endroit, si difficile d'accès, mais où la nature a repris le dessus puisqu'il est dorénavant complètement déserté. Les dernières familles parties, quelques couples très âgés, ce village qui comptait dans les années 60 de nombreuses petites habitations est un village fantôme où les dernières maisons sont à peine visibles.


Selos, Evritania (Σέλος)
Et au milieu de toutes ces mémoires, il existe une superbe petite église : Saint Nicolas (Agios Nikolaos). Et ceux qui ont vécu là bas, mais aussi leur descendance, se sont promis de s'y retrouver chaque année et d'y fêter la fête du saint protecteur du village : Selo. Tous les ans, le 9 mai, une centaine de personnes (ils sont de moins en moins chaque année malheureusement...) participent à la kermesse du village pour la Saint Nicolas de Vounenis (ναός του Αγίου Νικολάου του εκ Βουναίνοις).

Parti de la ville de Lamia, nous nous sommes en allés vers Karpenissi (Evritania). Je vous parlerai pas du voyage jusqu'au village de Selo qui est, à partir de Kerassochori, très difficile. Il faut emprunter un chemin de terre, parfois impraticable d'ailleurs surtout pendant l'hiver, dans les montagnes, avec le ravin sur le côté et à peine de place pour une voiture qui se doit être un 4X4... Il faut avoir le coeur bien en place !

Selos, Evritania (Σέλος)
Eglise de Saint Nicolas (Αγιος Νικόλαος, Σέλος)
Selo est un village de montagne situé sur les pentes du Mont Agrafa à une altitude de 1000 mètres, à quelques 70 km du chef-lieu Karpenissi. Il est situé près du village de Marathos, à qui il est rattaché administrativement, et est le berceau du très célèbre Katsantonis. Ne le cherchez pas sur les cartes, il est bien souvent complètement oublié ! Il faudra descendre, monter et redescendre les pentes de la montagne pour enfin arriver au fond du ravin, avec pour vue le magnifique lac de Kremaston.

Selos, vue sur le lac Kremaston  

Il est difficile d'imaginer que des familles ont pu vivre là bas, tant les conditions devaient être dures. Encore aujourd'hui, ni l'électricité, ni l'eau courante existent. Les ruisseaux sont fleuves et l'eau y coule paisiblement mais comment alors y vivre, y donner naissance, élever ses enfants avec tout ce que la vie peut apporter, accidents, détresse...

Aujourd’hui, la kermesse ne réfletait qu'amour et convivialité. On s'est tous retrouvé autour de l'église de Saint Nicolas, nous y avons suivi la messe, partagé le pain avec les anciens habitants du voyage, parmi eux des oncles et des tantes, des cousins et cousines plus ou moins éloignés mais si proches.

Selos, Σέλος
C'est alors que les tables petit à petit se dont dressées puisque chacun d'entre nous avions apporté des vivres pour partager le déjeuner dans ce hâvre de paix, dans la verdure et la fraternité. Et comme en Grèce tout événement majeur de la vie est accompagné de musique, un orchestre était présent et les convives se sont levés et ont dansé au rythme de la musique locale.

Agios Nikolaos, clocher
Puis il a fallu partir, abandonner ce si beau village et revenir à la civilisation. Petit à petit nous avons tous pris le chemin du retour. Selo est seul ce soir avec son histoire, sa mémoire, la petite église de Saint Nicolas. Les seuls habitants qui sont restés, sont ceux qui y sont enterrés dans leur dernière demeure, juste derrière l'église.

Selos, ruines de la maison paternelle


Selos, école (Σέλος, σχολείο)

Selos, cabane de l'instituteur du village
Agios Nikolaos, messe devant l'église
Agios Nikolaos, messe devant l'église

Selos, kermesse
Selos, église de Saint Nicolas

Selos, kermesse : musique, chants et danses
Selos, orchestre


Selos, orchestre et son "klarino"






Selos, église de Saint Nicolas

Selos, église de Saint Nicolas

Selos, église de Saint Nicolas

J'ai aimé ce périple qu'on pourrait caractériser de "off the road". J'ai l'intention d'y revenir, avec nos enfants cette fois ci, afin qu'elles puissent s'imprégner de leurs sources. Le village pour un Grec est quelque chose de très sacré : c'est appartenir quelque part ... Elles sont allées tant de fois en France, jamais encore dans le village de leur père, grand-père, arrière grand-père...