lundi 28 février 2011

Dimanche de bien-être à Loutraki

Il n'aura fallu qu'une seule petite matinée pour me relaxer comme je ne l'ai jamais fait jusqu'à maintenant, accompagnée de mes deux filles. Une petite matinée entre femmes bien méritée !

A à peine une heure de route d'Athènes, dans la ville balnéaire de Loutraki, non loin de Corinthe, réputée pour son eau minérale vendue en Grèce, existe un complexe spa de toute modernité.
La ville est réputée également pour ses sources d'eau chaude naturelles qui jaillissent dans la région.

En plein coeur de la ville, la municipalité a ouvert il y a moins d'un an, un ensemble à des prix défiants toute concurrence.


Quand vous arriverez dans les locaux de l'établissement vous serez gentiment accueillis par le service d'accueil qui après un passage obligatoire de routine chez un médecin du centre, vous aidera à remplir un formulaire qui vous sera rendu et dont vous aurez besoin à chaque passage. Un membre du centre vous accompagnera dans les vestiaires et vous montrera les lieux et vous expliquera comment profiter au mieux de votre séjour.

[Video] Spa Loutraki


Vous y trouverez dans une ambiance saine et propre :
-Trois piscines intérieures
-Une piscine extérieure
-Bains à jets
-Hydromassage
- bouillonnants
-Hammam
-Sauna
-masque de boue
-Fitness
-Soins esthétiques
-Bar caféteria

Les tarifs sont très raisonnables, à partir de 8 euros par personne pour l'utilisation des bains (20mn), 14 euros/personne pour 70mn avec l'utilisation en plus du sauna/hammam ou 18 euros pour deux heures.





Site : Loutraki Thermal Spa (http://www.loutraki.gr/portal/page/portal/lp/hservices/spa)
Infos en anglais : http://www.visit-lk.gr/en/spa-center.html

Tél. : + 30 2744022215

dimanche 13 février 2011

Agréable pause soleil en plein coeur de l'hiver

En Grèce le soleil est gratuit

Au moins une chose qui ne se monnaye pas : le soleil. Et du soleil on en a ! Tout en espérant que ces chers messieurs de la Troïka, dixit FMI, ne nous demanderont pas une taxe sur le soleil...

Cela fait bien trois jours que nous bénéficions d'un temps de rêve. A pareille époque chaque année nous attendons ce qu'ils appellent ici les alkyionides : les journées Alcyoniennes. Déja en 2008, j'avais consacré un billet sur ce phénomène ("il fait beau aujourd'hui, journée alcyonienne").

Mais pour se prévaloir du nom Alcyonien, il faut néanmoins réunir plusieurs caractéristiques :
Régle n°1 : il faut que la période de beau temps dure au moins trois jours
Régle n°2 : il faut que la température moyenne soit de 4 à 5 degrés supérieures à la normale pour la saison
Régle n°3 : pas de vent
Régle n°4 : la saison des Alcyonides se situe généralement entre le 15 décembre et le 15 février mais en général c'est surtout la deuxième quinzaine de janvier qui est concernée

Prévision pour aujourd'hui : 19° à Athènes en milieu de journée.

Paysage de Grèce, 2010 (c) parisathenes.blogspot.com

vendredi 11 février 2011

Quand le mouvement "on ne paye plus" devient "on a plus rien pour payer"



On s'étonne que des mouvements de protestation s'étendent sur tout le territoire,


Mais le mouvement "on ne paye pas" n'est que le miroir de l'inquiétude nationale. Oui, on refuse de devenir la vache à lait ; on lève les barres des péages ; on refuse l'augmentation de 40% des transports en commun dans la capitale, on s'échange ses billets à la sortie du métro ; on s'énerve après le système de santé publique.

Les routes nationales à péages (l'autoroute à la grecque) : pourquoi payer un droit de circuler sur une route qui est mal entretenue ? la plupart des routes nationales quand elles ne sont pas dangereuses, ne sont pas à la hauteur du prix qu'on en demande. Même si il y a quand même, il faut le dire, depuis quelques années une nette amélioration...
Vous n'avez pas le choix entre les routes à péages et les départementales puisqu'il n'y a pas d'alternative aux routes payantes ou trop peu.

Les transports en commun de la capitale : au 1er février on a imposé une augmentation de 40% sur le prix du billet. Si le métro a depuis sa création notamment amélioré la vie des Athéniens, il reste encore beaucoup à faire pour satisfaire les besoins en transport en commun de la capitale.
Le métro n'est pas présent partout, on a encore recours au bus et nous sommes tributaires des aléas de la circulation de la ville.
Les bus ne sont jamais à l'heure et sont lents. Ne parlons pas du trolley et encore moins du tram.
Le train de banlieue, proastiakos, devrait désenfler les routes mais c'est un moyen de transport qui encore loin d'être terminé et qui a de nombreuses lacunes. La plus importante est que le nombre de train par heure n'est pas digne d'une capitale européenne. Pour exemple, je vous donnerai la ligne Ano Liossia-Le Pirée avec un seul et unique train par heure pendant la semaine et les heures de pointe !

Le système de santé publique et les fameux médecins de l'IKA (sécurité sociale hellénique).  Une vraie honte pour le pays. Il est quasi impossible d'obtenir un rendez-vous dans la semaine qui suit, il faut parfois attendre 3 mois et parfois plus pour obtenir un rdv. Les médecins ne sont jamais à l'heure, sont désagréables et le pire bien souvent incapables. Ils ne sont abonnés qu'à établir des ordonnances. Quand il s'agit d'ausculter les patients, là mieux vaux doubler notre visite par celle chez un médecin privé, par sécurité.
Il y a une médecine à deux et même trois vitesses : une visite à l'IKA chez les médecins du travail, ou moyennant paiement à l'hôpital public chez ceux qu'on appelle les médecins spécialistes. Le troisième choix, si financièrement vous pouvez le supporter, les médecins privés.
Sur ce dernier point, un changement majeur a été amorcé mais très mal organisé. A la va-vite, le ministère de la santé a annoncé une réforme, vendredi dernier, qui donne le droit désormais à tous les assurés de l'IKA de prendre rendez-vous également auprès de médecins agréés, sauf que le système n'a pas suivi. Un vrai capharnaüm ! en pleine période de grippe, les patients se ruaient vers ces médecins de secours, les uns par ce qu'ils étaient souffrants, les autres en mal d'ordonnance.

et tout cela dans une Grèce en souffrance, où on demande aux plus pauvres de se serrer encore plus la ceinture, où ceux qui auraient du payer sont toujours en liberté.
  

vendredi 4 février 2011

Grèce, l'heure de la déclaration des impôts est arrivée

L'année dernière, on nous avait prévenu à grand dam qu'il nous faudrait à nous pôvres consommateurs, garder bien précieusement l'ensemble de nos factures, menus reçus et autres petits papiers qui prouveraient que nous avions bien dépensé tout au long de l'année.

Des factures, encore des factures
Début 2010, on nous a pas franchement dit comment il faudrait nous y prendre. Des fichiers, gratuits, ont circulé sur internet pour y ficher bien gentiment les tonnes de factures. D'ailleurs on ne savait pas exactement quelles factures il fallait ranger pour le moment propice de la déclaration.

Trouver son compte ?
On a donc tout gardé, tout entassé, jour par jour, semaine après semaine, mois après mois.
Rien que notre passage chez le boulanger du coin et la mini facture de l'achat de votre pain quotidien est un calvaire : 365 reçus de 0,60 à 1,20 euros à entasser dans un sac plastique !
Je ne parlerai pas des autres factures. Une montagne de factures !

Une journée de perdue pour le compte du fisc grec
J'y ai passé ma journée à tout bien classer, d'abord par mois, puis par catégorie. Car il y a facture et facture.
Comme une bonne citoyenne, j'ai donc tout classé. Vous me direz j'aurai pu le faire tout au long de l'année. C'est vrai. Mais pris par le tourbillon de la vie qui passe nous avons entassé ces fichus reçus dans un sac plastique. Il a fallu aujourd'hui, vider nos poches, vider les tiroirs, feuilleter certains livres, re-vérifier dans le vide poches de la voiture...

Bien évidemment, hors de question d'utiliser ces fameux fichiers excel pour y noter l'ensemble de nos dépenses. Faut pas rêver ! Si ils veulent faire un contrôle qu'il le fasse, ce n'est certainement pas un fichier excel qui y changera grand chose. Ce qui les intéresse c'est le montant total de nos dépenses sur l'année ; même pas par mois (ça je le fait pour plus de facilité).

Des questions ?
Moi j'en ai. En recherchant le type de factures que nous devons prendre en compte, je m'aperçois que les factures suivantes ne seront pas acceptées dans "le lot de celles qui comptent" :
- factures de téléphone, eau, électricité, gaz (pour ceux qui ont la chance de pouvoir l'avoir !)
- tout billet de transport (train, car, autobus, bateau, avion...)
- j'oublie les billets de transports en commun pris à l'unité, mais les cartes mensuelles ??? pourquoi ?
Toutes ces dépenses qui représentent une grosse part de notre budget familial ne font pas parti des dépenses de consommation ?


J'ai plus de factures que besoin
Qu'advient-il si finalement j'ai plus de factures que j'en ai besoin pour ma déclaration ? Selon un article dans un grand quotidien grec, selon"le ministère des Finances lorsque la dépense est plus que nécessaire, jusqu'à 15.000 euros pour un célibataire ou 30 000 € par famille, le contribuable aurait droit à une réduction d'impôt égale à 10% de la différence entre les sommes déclarées et les dépenses dites nécessaires."

Je n'ai pas assez de factures
En Grèce, il est interdit de jouer aux Ecossais (pardon pour eux, c'est une expression) : Les "tsigkounides" (cad, les picsou et Scrooge grecs sont très mal vus) seront punis par la loi du fisc. Toujours selon le même grand quotidien "lorsque les dépenses sont moins que celles prévues par le fisc, le contribuable paiera un impôt à un taux de 10% égal aux total des dépenses qu'il aurait du avoir".


Et si on ne vous donne pas de facture ? 
Si vous saviez le nombre de fois que j'ai été prise de court par des commerçants qui font semblant de s'oublier et ne vous donne pas de facture. C'est bête mais encore je me sens toute pénaude quand il me faut réclamer mon reçu, et croyez moi cela m'arrive plus souvent dans des quartiers d'Athènes de type Kolonaki qu'ailleurs.

Le système fiscal a mis en place un système où le contribuable devient COLLABO
On a toujours le moyen de dénoncer ces écorces au système, on devient donc dénonciateur, collabo quoi.

Indirectement, plutôt que trouver un autre moyen, on demande au consommateur de se substituer au fisc : en obligeant chaque citoyen de présenter un nombre x de factures/reçus avec sa déclaration des impôts, on "coince" le commerçant, les professions libérales qui pendant de nombreuses années de vaches grasses ont abusé du système, l'ont ignoré au détriment du reste de la société.


Encore des questions
Qu'en est-il de ceux qui dépense davantage qu'il ne faudrait ? Y aura t'il un contrôle sur les grosses fortunes ? sur les gros dépensiers ? Qu'en est-il de ceux qui déclaraient au fisc des montants dérisoires alors qu'ils étaient super propriétaires ou menaient un train de vie luxueux ?


Personnellement
je ne suis pas contre le fait que nous devons tous payer mais encore une fois le petit consommateur est pénalisé par la "bureaucratie" du fisc.

La carte fiscale "Forokarta"
D'ici avril, nous aurons la possibilité d'obtenir une carte fiscale "forokarta" qui devrait nous dispenser de cette collecte de factures. Cette nouvelle carte, qui aura la forme d'une carte de crédit, permettra via un relais dans chaque entreprise (même système que pour le débit des cartes de crédit) d'enregistrer directement chaque achat des contribuables et ce pour s'assurer le montant des 12000 euros non imposable.
Ce qui n'empêchera pas que les contribuables devront néanmoins continuer à recueillir les factures et de les présenter chaque année à l'administration fiscale.
Quelle est donc le bien fondé d'obtenir cette carte ? Le contrôle de nos dépenses de consommation, leur type ?

Et la démocratie dans tout cela ?
La liberté est gravement touchée. Nous ne sommes plus libres, nous qui n'avons rien à cacher, libres de ne pas dépenser si cela nous chante. 
On identifiait les Grecs comme les cigales de la fameuse fable de De La Fontaine ; on l'oblige aujourd'hui à un minima de consommation. On ne laisse pas le choix à ceux qui le désirent d'épargner. On épie en toute légalité la consommation des Grecs. 

Nous comprenons que le pays ne s'en sortira que si les entreprises continue à avoir du rendement mais retournons la question : est ce que le Grec de la classe moyenne a les moyens de consommer ?