mercredi 19 mai 2010

HISTOIRE D'HISTOIRE

Aujourd'hui, 19 mai, est célébré en Grèce et par la diaspora, la Journée mémoire du génocide des Grecs du Pont-Exin.

Découvrant ces affiches depuis hier dans les rues du centre d'Athènes, j'ai voulu en savoir un peu plus. Juste pour savoir, pour la mémoire des peuples...

Le site de la Diaspora grecque de France explique en long et en large pourquoi il faut se souvenir. Apprendre pour ne jamais oublier, où que ce soit, par qui que ce soit, sans appartenance, parce que l'histoire c'est notre histoire.

http://diaspora-grecque.com/modules/altern8news/article.php?storyid=1642

A Athènes, à 18h00, sur la Place de la Constitution (Syntagma), un rassemblement est organisé devant la tombe du soldat inconnu par les associations du Pont-Euxin, un dépôt de couronne et la participation de tous est la bienvenue pour cette journée de la mémoire.

mardi 18 mai 2010

SIGNE DES TEMPS

Déja depuis quelques temps, je voyais certains de mes petits voisins, ces connus inconnus du quartier, personnes d'un certain âge, traîner leur poussette de marché, sur les coups de 3-14 heures et je m'en étonnais.

Déjà depuis des années, les poubelles étaient visitées par les manouches à la recherche de tout ce qui peut se revendre : bouteilles en verre, cans en alu, le tout pour le revendre. Un vrai métier ici.

Et puis depuis peu, un matin, dans le quartier de la petite couronne d'Athènes, Sepolia, quartier non pas défavorisé mais habité surtout par des immigrés des Balkans, Albanais, Bulgares, ou encore des ex pays de l'Union Soviétique, ou des Polonais, je constate, effarée, qu'on y furine plus pour revendre ou dénicher la perle rare mais pour son pain quotidien.

Ces "dumpsters" comme les appelent certains, ne fouillent dans les détritus par conviction que le monde gaspille et qu'on peut son marché dans les poubelles - non, non, non. Par nécessité. Parce qu'ils n'ont rien à se mettre sous la dent. Ils sont venus de loin pour un monde meilleur et ce monde meilleur s'écroule !

Alors dans ce quartier de Sépolia, ils sont des dizaines à courir, tôt le matin à l'ouverture des supermarchés ou à leur fermeture, pour trouver ces légumes un peu défraichis ou ce lait dont la date de consommation est dépassée.

Courbés, ces petits vieux attendent la fin du marché et ramassent tout ce qui est jeté sur le bord de la route par les commerçants.

Signe des temps. Alors que d'autres dénoncent la surconsommation en mangeant dans les poubelles, d'autres à l'abris des regards ne s'en vantent pas.

jeudi 13 mai 2010

NE TOUCHEZ PAS A LA VOULI

Sacrifices pour tous
Alors il paraît que les sacrifices ce n'est pas pour tous. Sachez qu'ici on fait des coupes des 13ème et 14ème mois pour les fonctionnaires, mais on a parlé nulle part des 15ème et 16ème mois d'autres fonctionnaires, sous forme de primes, données aux employés du Parlement hellénique, de la Vouli, depuis 1929, en raison des conditions particulières de leur emploi. Ces conditions étaient peut être différentes au début du siècle dernier mais aujourd'hui sont-elles toujours les mêmes ?

Même pas d'équité entre les fonctionnaires ?
Il existe donc non seulement des disparités entre les salariés du privé et les fonctionnaires, mais deux catégories de fonctionnaires...

Déjà depuis quelques temps, les Grecs réclament via les sites associatifs tels que Facebook sur des groupes : "réduisons les 300 à 200 (en parlant des députés)". Peu nombreux il est vrai si nous comparons leur nombre à ceux des autres pays européens, comme le France par exemple avec son Assemblée nationale et le Sénat réunis...

Nouvelles restrictions pour apaiser le "peuple"
Alors, hier le Président du Parlement a annoncé de nouvelles coupes dans les primes des députés, ou encore dans leurs frais de fonctionnement. Et oui Mesdames et Messieurs les Députés, à l'heure de la communication et d'internet, munis de vos i-phone et laptop, est-il vraiment nécessaire d'avoir deux bureaux par exemple ? un dans votre circonscription (logique) et un à Athènes ?

Hier dans ces mêmes annonces du Président, on apprend qu'hormi les 15/16ème mois des agents, il existait des primes d'heures supplémentaires, des primes de déplacement (se déplacaient-ils ?) et on ne sait encore combien d'autres non imposables d'ailleurs...il paraît.

("je n'ai rien contre les fonctionnaires, je suis tout contre..." : mon mari est fonctionnaire et je suis moi aussi fouettée de plein fouet dans le budget de mon ménage comme beaucoup d'autres mais il faut voir la vérité en face)

vendredi 7 mai 2010

UTOPIA


Voilà, je n'ai pas été bavarde ces temps dernier. Manque d'inspiration ? Ce n'est pas les événements qui manquent pourtant me direz-vous ? Vous avez raison.


Et bien, je crois que pour la première de ma vie je ne sais plus quoi penser. Je suis complètement effarée, dépassée par ces événements. Je ne peux plus écrire, écoeurée par tant de violence. Voici un an et demi, la Grèce pris dans le tourbillon français et de ses émeutes, monte sa propre révolution. 6 Décembre 2008, un mort déjà. Un jeune homme, même pas encore majeur. Déjà un vent de révolte soufflait comme un présage.


5 mai 2010 : trois morts cette fois-ci, plus une "âme" comme on dit ici dans le ventre de sa mère. 4 vies en tout, qui sont parties en fumée. Ce 5 mai était pourtant destiné à être la journée du message, du message de ces milliers de Grecs à leur gouvernement, à leur dirigeants politiques de tout bord, qu'ils ont en marre d'être la vache à lait des corrompus. La jeunesse à 700 euros était elle aussi présente, mais encore ces retraités amputés de leurs déjà faibles revenus. Cette journée de manifestation aurait pu se terminer sereinement comme cela semblait s'annoncer ... mais non ... les fameux connus ''inconnus" ont par leurs actes destructeurs commis un crime, quatre crimes.


Je ne veux pas écrire.


Quoi écrire ? de toutes les façons, tout est déformé. On présente la Grèce comme un pays de voleurs où la corruption est présente dans tous les secteurs. On décrit les Grecs comme un peuple qui roule sur l'or qui dépense sans compter. On reproche aux pays européens de financer la Grèce pour permettre à son peuple de toucher des super retraites. Mais arrêtez-donc !!! Oui il y a des énormités dans le système. Oui, je suis personnellement contre ces disparités entre le secteur public, qui a des avantages hors du commun, et le secteur privé qui trime dur et qui n'a aucun de ces avantages. Mais n'en faites surtout pas une généralité. Ils ne sont pas tous à même enseigne, loin de là !!!


On demande aux Grecs de faire des efforts, de faire des coupes dans leurs salaires (pour les fonctionnaires) : oui, oui, oui.

D'ailleurs, pour ceux du privé cela fait belle lurette que leurs revenus sont amputés par des employeurs peu honnêtes. Et ces salariés ont des salaires de misère et des conditions de travail archaïques, ils sont malheureusement souvent obligés de travailler sans protection sociale parce que c'est çà ou rien, à la merci des uns et des autres. Que feriez-vous à leur place si vous n'aviez pas de travail, ne touchiez pas d'Assedic et avec une famille à nourrir ?

Depuis un an déjà, les licenciements pleuvent. Avec les nouvelles mesures-rumeurs, ils seront encore plus nombreux puisque facilités !


J'aimerais savoir maintenant quelle serait la réaction des fonctionnaires français, allemands et autres européens si on leur disait que leur salaire serait amputé de quelques centaines d'euros ? Attention, on ne parle ici de gel de salaire mais bien de réduction. Il n'y aurait aucune manifestation ? Ils accepteraient ces restrictions sans broncher ?


Les Grecs sont-ils moins humains que les autres ? N'ont-ils pas besoin comme les communs des mortels

Européens de manger, boire, de s'habiller, éduquer leur enfants et partir en vacances (du luxe désormais!), sortir un samedi soir en taverne (nettement moins cher que les restos français!), payer leurs factures, avoir une voiture, tomber malade ou partir en balade ?

Détrompez-vous et chassez de votre esprit Onassis ! On est loin ici de vivre comme Crésus. C'est insultant pour ce peuple qui travaille comme vous et moi.


A savoir :

Ici bas, au pays des Héllènes, pas d'Etat providence.

Pas d'allocation chômage à rallonge.
L'éducation, la vraie, n'est pas gratuite.

Pas d'allocations familiales décentes.

Peu de place en crèche publique pour les mamans qui travaillent.

Pas de santé : mieux vaut ne pas tomber malade !

Quoiqu'en dise certains, on y paye ses impôts puisqu'il est prise à la source pour les salariés.


Attaquons-nous aux corrompus des postes clés dans l'administration, aux professions libérales, artisans, médecins, avocats, ingénieurs, entrepreneurs en tout genre, ceux qui ont pendant des années caché au fisc leurs réels revenus.


Utopie : L'Europe est-elle aujourd'hui à la hauteur de ses espérances ?

Optimisme : La génération aux 700 euros se relevera-t-elle de ses cendres ? En auront-ils jamais le courage où seront-ils obligés comme leurs aînés à s'expatrier ailleurs ? Quel avenir pour les jeunes ? De quoi demain sera-t-il fait ?