mardi 27 octobre 2009

28 OCTOBRE C'EST FERIE EN GRECE

Ne vous étonnez si demain tout est fermé en Grèce et toutes les routes bloquées par le défilé des écoles grecques. Cela fait plusieurs déjà que la ville se préparait. Les drapeaux grecs sont changés, nettoyés et flottent en haut de chaque bâtiment public.

Demain, c'est jour férié, pour cause de fête nationale (voir : FETE NATIONALE GRECQUE : HOMMAGE DE GRANDS FRANCAIS A LA RESISTANCE GRECQUE édité en 2008). Demain, vous vous rendrez compte que l'identité grecque est belle et bien réelle. Dans les banlieux d'Athènes et partout ailleurs les maisons arboreront elles-aussi leurs drapeaux.

Les enfants en âge d'aller à l'école iront de bon matin à l'église (cela fait parti du programme officiel du ministère) puis après la messe (qui ressemble plus à une cours de récréation) les élèves iront défiler dans leur ville. Ils sont tout habillés - plus ou moins - de la même manière même si parfois la tenue vestimentaire des jeunes filles dérape (jupes trop courtes et trop moulantes, bottes hautes).

Les plus petits agiteront des petits drapeaux grecs en voyant leurs aînés marcher au rythme des fanfares municipales. Les parents seront habillés "en dimanche" et seront là pour admirer leur progéniture.

Je me suis toujours étonnée de voir des enfants défiler lors de manifestations que nous voulons ''militaires". Pour les petits Grecs, c'est bien souvent une obligation dont ils se passeraient. Ils rechignent lorsqu'ils sont choisis, et rouspètent quand ils ne le sont pas ! L'honneur de porter le drapeau de l'école revient à l'élève le plus méritant et lorsqu'il s'avère qu'il ou elle n'est pas Grec de souche, cela soulève les foules et les médias s'empressent d'en faire une affaire d'état.

Allons voir ailleurs :
- en France, le défilé du 14 juillet est purement militaire
- en Norvège, comme en Grèce, les élèves défilent en costume traditionnel (http://marina.stilldreamer.com/2008/05/17/17-mai-fete-nationale/)
- au Pérou, le 9 décembre, les élèves préparent comme en Grèce la fête nationale
- chez le voisin turque, le 29 octobre les élèves défilent eux aussi
- en Argentine, tous défilent, écoles, associations, militaires...

Chronia polla donc à la Grèce !

dimanche 25 octobre 2009

BONNE FETE DIMITRI



Demain, c'est la Saint Dimitris en Grèce. La fête du saint prénom en Grèce est très importante, d'autant plus importante que c'est une valeur familiale puisqu'en encore l'ainé de la famille porte le prénom du grand-père ou de la grand-mère. C'est une tradition qui perdure.

A partir du 26 octobre commence une période chargé en fête de saints jusqu'en décembre. Le 26 octobre, Saint Dimitris. Bonne fête en passant à mon beau-frère. Qui n'a pas un Dimitri dans sa famille ?

Octobre :
- 26 : Dimitris (Mimis, Mitsos Takis et les autres) - Dimitra (Mitsi ...)
- 20 : Mélina. Ce n'est pas un prénom si courant mais c'est pour l'inoubliable Mélina Mercouri

Novembre :
- 8 : Michaïl (Michalis ...)
- 21 : Maria, Despina. Les "Maria" sont généralement fêtées le 15 août cependant certaines provinces fête la Saint Maria en novembre. Maria, la marraine de ma fille et très chère amie grecque.
- 25 : Aikaterini, ma belle-soeur ! (Katerina, Kaiti, Katina ...)
- 30 : Andreas, mon beau-frère ! (Andrikos, Andriana)

Décembre :
- 6 : Nikolaos, mon très cher et tendre !!! (Nikolas, Nikos, Nikoletta ...)

Bien sûr il y en a d'autres ... Varvara, Stefanos, Loukas, Anna ... CHRONIA POLLA à tous !

Chaque famille grecque a son Nikos, Kostas, Vassilis ou sa Maria, Eleni, Katerina.

Le jour de la fête du nom est un jour important. Les maisons sont nettoyées en fond et en combes, vous ne recevrez ni carton ni coup de téléphone. Par contre il est primordial de ne pas oublier celui ou celle qui a sa fête. Si vous ne pouvez pas rendre visite, il vous faudra passer un coup de fil. C'est très important. Votre ami, connaissance ou cousin-cousine pourrait prendre la mouche si vous l'oubliez. Mais vous pouvez rendre visite les jours suivants.

A partir de 18 heures les visiteurs affluent, cela peux même durer jusqu'à très tard, en particulier si votre fête tombe pendant le week-end. Certains viendront avec une boîte de gateaux, d'autres avec une boisson alcoolisée ou un petit cadeau symbolique.

Toute la famille est là pour célébrer la fête du nom. Il faut comprendre que c'est quasiment une obligation. Bien souvent lorsqu'il y a plusieurs personnes avec le même prénom il faudra aller d'une maison à l'autre pour souhaiter "Chronia Polla" (Que tu vivres de nombreuses années!). On vous offirira un alcool ou une liqueur, et une part de gâteau qu'on vous apportera sur un plateau décoré d'un napperon. C'est un rituel qu'il ne faudrait pas refuser pour ne pas offenser. Au bout de la troisième visite, vous avez du mal à accepter le petit gateau, mais mordez-dedans, vous ferez plaisir à l'hôtesse.

Dans les campagnes on prépare un grand banquet (lire sur mon blog) avec agneau rôti et autres mezedes et salades. Toute la famille, les amis et même les voisins sont de la fête.

A savoir : si vous vous rendez à la fête de votre cousine, amis ou voison, on vous rendra l'appareil. Une visite ne s'oublie pas. Gare à vous si vous l'oubliez ! Les mauvaises langues ne tarderont pas à faire remarquer votre absence, l'histoire de remuer le couteau dans la plaie. Le Grec sait aimer vivement mais aussi détester ! En ville, cette tradition de recevoir pour la fête du nom tend à se perdre mais cela reste malgré tout une obligation sociale dans la plupart des familles.

Les prénoms grecs sur Wikipedia

samedi 24 octobre 2009

AMOUREUX DE L'OREILLER, VOUS AVEZ UNE HEURE DE RAB


N'oubliez pas ce soir on change d'heure. En Grèce, comme en France, comme partout en Europe, cette mesure vise à faire des économies d'energie quoiqu'elle soit contestée par beaucoup.

Fini l'été : ça va ! ici à Athènes on a compris, le temps est tellement maussade aujourd'hui que ca nous fait ni chaud ni froid. Quand je pense q'il y a 15 jours encore, nous étions en train de nous dorer au soleil à Anavyssos et que la mer était un vrai délice.

Vivement l'hiver ! Fffff. Rien que d'y penser, cela me donne la chair de poule ! Qui dit l'hiver, dit la pluie, c'est à dire les routes inondées, même dans le centre d'Athènes, et je ne parle pas de mon quartier ravitaillé par le corbeaux, on y attend comme d'habitude le vrai déluge. Les gosses le matin arriveront avec difficulté à leur école, encore heureux que cette année les bottes en caoutchouc soient à la mode, au moins ils ne réchigneront pas à les porter !

Le pire : en sortant du bureau le soir il fera nuit. Ca c'est réellement démoralisant, on a l'impression d'avoir gaché sa journée. Au moins, pendant l'été, il y a une vie après le ''dur labeur''. Pendant l'hiver chacun regagne ses pénates sans broncher.

Bref, n'oubliez pas à 3 heures du matin, on recule l'horloge d'une heure, il sera donc 2 heures du mat. Au moins, pour ceux qui sont amoureux avec leur oreiller, ils auront une heure de plus de sommeil, c'est toujours ça de gagné !!!


lundi 19 octobre 2009

COINGS AU SIROP TOU KOUTALIOU







Ce qu'on appelle ici en Grèce les "Glyko tou koutaliou" ce sont des fruits au sirop très épais, intraduisible (dessert à la cuillère...) en français !. Dessert rustique typique grec, sucré comme du miel, rien a voir avec nos fruits au sirop, entre la confiture et les fruits confis mais avec du sirop. Les "glyko tou koutaliou" sont servis soit en fin de repas où en fin d'après-midi lorsque nous avons des invités surprise. Hospitalité oblige, un café, ou une douceur servie avec un verre d'eau fraiche est le must des familles grecques.


Presque tous les fruits se préparent de cette façon : coings, bergamote, raisins, orange, orange amère (nerantzi), citron, noix fraiches, petites tomates, petites aubergines, carottes, cerises et griottes, petales de roses, pastèques, figues, amandes, poires, petites pommes "fyriki"...

En Evritanie, j'ai goutté au glyko à base de "krani" (mais qu'est-ce-que c'est en français ???). Délicieux. De ce même fruit, il font une liqueur délicieuse.


Le "glyko tou koutaliou" peut être servi avec du yaourt, une balle de crème glacée ou encore vous le rencontrerez dans quelques kafeneions (bistrot) servi avec un café grec. Le goût amer du café et l'intensité du sucre de ce dessert est étrange au premier abord mais délicieux.


Récemment lors d'un baptême, nous avons été agréablement surpris, car au lieu de l'habituel gateau offert à la fin de la cérémonie, un "glyko tou koutaliou" nous été donné avec les dragées, j'ai trouvé cette idée tellement originale mais tellement traditionnelle ! Idée à adopter sûrement !




Le fruit de saison, idéal pour ce dessert est donc le coing. Je me suis donc lancée et ai appelé une amie crétoise , Eleni, qui en toutes circonstances est capable de préparer tous les plats grecs inimaginables.

Dans cette recette, une herbe aromatique qu'on appelle ici "arbaroriza" dont je n'ai pas réussi à trouver la traduction mais qui ressemblait aux feuilles de géraniums et sentait la citronnelle.



Recette de "Ma douceur aux coings"


- coings frais, nettoyés, pelés, coupés en lanières fines, en peu comme les pommes frites

- sucre

- arbaroriza

- vanille

- citron

- accessoirement des amandes effilées



Faire cuire les coings coupés en fines lamelles comme des frites fines (la prochaine fois je couperai un peut plus gros!) dans une casserole.

Ajouter du sucre : quelque soit le récipient utiliser pour mesurer, 3 mesures de coings pour 1 mesure de sucre. Ajouter les deux vanilles en poudre. Deux ou trois gouttes de citron.

Couvrir à moitié d'eau et laisser cuire les coings jusqu'à ce que le fruit soit cuit (pas trop) et le sirop prêt.


Quand savoir si le sirop est prêt ?

les coings doivent être tendres. Prélever un peu de sirop et le faire goutter sur l'ongle ou sur une petite assiette, le sirop est prêt lorsque la goutte ne coule pas.

Laisser refroidrir dans la casserole.
Mettre en pots. A garder de préférence au réfrigérateur.


La novice a râté pour la première fois la confection de son sirop : je n'avais pas mis assez d'eau. Résultat mon fruit était bien cuit mais il n'y avait pas assez de sirop. Pas de problème : faire chauffer doucement une nouvelle fois les coings au sirop en allongeant un peu d'eau. Laisser bouillir une fois. Retirer la casserole du feu.

Laisser refroidir.


Nikos, mon mari, a goûté et regoûté sans broncher. J'ai passé l'examen. Puisq'il ne dit rien c'est que ce doit être bon !


Même si ce dessert est extremment sucré, il est reputé sans cholestérol. Diabétique s'abstenir !


Une variante à la française que j'imaginerai bien : crêpes servies avec de la glace à la vanille et des glyko tou koutaliou... Riz au lait ...








dimanche 4 octobre 2009

LES CITOYENS ONT LE DERNIER MOT EN GRECE

Processus démocratique : Les citoyens ont le dernier mot en Grèce et dans tous les pays démocratiques.

La Grèce a beau être un petit pays, depuis le rétablissement de la démocratie en 1974, elle est politiquement parlant un pays mature.

Aujourd'hui Dimanche 4 octobre 2009, après l'annonce du premier ministre grec d'élections législatives "nationales" anticipées de début septembre, à partir de 7 heures ce matin et jusqu'à 19h00 ce soir, les citoyens grecs ont le dernier mot.

Dès 19h00, immédiatement après la fermeture des urnes, seront annoncées les premiers exits polls des télévisions publiques (sur un panel de 12.000 personnes sur 150 bureaux de vote) alors que pour la première fois, trois heures après, vers 22h00 une estimation officielle des résultats sur la base de 20% du territoire

Les élections grecques en chiffres :

  • 3.905 candidats
  • 23 partis politiques
  • 9.834.970 citoyens grecs sont inscrits sur les listes électorales dont 2,5% votent pour la première fois
  • 20.828 bureaux de vote en Grèce

Mon Histoire - 20 ans en Grèce.
J'ai vécu jusqu'à aujourd'hui plusieurs périodes comme celle-ci.

(1988) : Depuis 1981 le PASOK tient les rênes du pouvoir. Andréas Papandréou est Premier ministre.

1989 : Le PASOK (Parti socialiste de Papandréou) tombe. Mais la Nouvelle Démocratie (Parti conservateur) n'a pas la majorité absolue. Il s'allie avec le KKE (Parti Communiste). Constantin Mitsotakis est le nouveau Premier ministre. Deux législatives en une année, juin et novembre.

1990 : Trois élections nationales en un année ! La nouvelle Démocratie remporte les élections, de justesse. Ce parti a besoin de 151 sièges pour avoir la majorité absolue. Kostis Stephanopoulos (qui deviendra beaucoup plus tard Président) offre à Constantin Mitsotakis le sière qui lui manque pour avoir la possibilité de gouverner enfin seuls.

1993 : Nouvelle victoire du PASOK (Parti socialiste). Andréas Papandréou redevient Premier ministre.

1996 : Le PASOK remporte un nouveau mandat, le nouveau Premier ministre s'appelle Costas Simitis. La même année le légendaire Andréas Papandréou décède.

2000 : Le PASOK gagne les élections. Costas Simitis est réelu Premier ministre.

2004 : Nette victoire des Conservateurs, Costas Caramanlis de la Nouvelle Démocratie devient Premier ministre, onze ans après Constantin Mitsotakis.

2007 : La nouvelle Démocratie, parti sortant, remporte les élections. Costas Caramanlis est reconduit Premier ministre.


En 2009, les choses changent. Les gens changent. Est-ce-que l'après décembre 2008 a réellement fait prendre conscience au peuple grec ? Est-ce-que le parti au pouvoir va payer ces hectares qui sont parti en fumée ?

Les urnes sont définitivement closes, on entend déjà à la télévision quelques résultats. Ces élections sont vraiment particulières. Jusqu'au dernier moment, j'ai ressenti que quelque chose a changé. Pas de passion, ces journées pré-électorales ne ressemblaient pas à tout ce que j'ai pu vivre jusqu'à aujourd'hui.

Les Grecs ont voté. Les urnes parleront sous peu. Les premiers résultats voient le PASOK comme le gagnant de ces élections cruciales; suivi de la Nouvelle Démocratie, du Parti communiste et du SYRIZA ...

Est-ce-que la capitale va s'enflammer ce soir ? Place Klathmonos pour le PASOK, Place Syntagma pour le parti conservateur de la Nouvelle Démocratie.

Allons-nous retrouver le côté "bon enfant" de la Grèce ? Cette facilité à fêter toute bataille.